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Le Frère Capitaine White Scars Jocoba, engagé dans la reconquête du monde de Géhenna, étrange planète apparaissant parfois aux bords de l'Oeil de la Terreur, combat au milieu de ses frères d'armes, Prodomoi de sa compagnie, éclaireurs de son Chapitre, afin de faire plier les lignes hérétiques et peut être d'enclencher l'offensive décisive qui mènera les puissantes forces impériales déployées sur terre comme dans l'espace à la victoire.
De part et d'autre les forces combinées de Chapitres en croisades se choquent contre les formidables défenses hérétiques et différentes Légions sont présentent pour stopper les assauts des forces impériales.
Démons, Space Marines, régiments de la Garde, Titans tentent de faire basculer la victoire de leur côté, les gigantesques forces qui se choquent sur une ligne de front mouvante et statique ne sont pas sans rappeler les plus sombres heures de l’Imperium.
Mais son alter ego veille à sa destinée prochaine: Emmerich, ancien Iron Warrior et cynique Obliterator garde l'objectif de Jocoba, une des batteries d'artillerie qui pilonne son secteur et les troupes qui l'accompagnent.
Au milieu de la furie des combats qui font rage autour d'eux les deux hommes apprennent à se respecter, à l'ombre des titans qui affrontent les masses hérétiques, sous les sculptures blasphématoires des citadelles noires d'où sortent démons et dévoyés le fier White Scars et l'Obliterator se jettent dans un duel à mort.
Deux existences s'affrontent, focalisant, réduisant les luttes épiques à ce seul échange. Les Dieux, l'Empereur semblent s'être penchés sur eux, leurs champions.
Géhenna, miroir fébrile et maudit de Terra, paraît ne pouvoir jamais connaître la paix.
De part et d'autre les forces combinées de Chapitres en croisades se choquent contre les formidables défenses hérétiques et différentes Légions sont présentent pour stopper les assauts des forces impériales.
Démons, Space Marines, régiments de la Garde, Titans tentent de faire basculer la victoire de leur côté, les gigantesques forces qui se choquent sur une ligne de front mouvante et statique ne sont pas sans rappeler les plus sombres heures de l’Imperium.
Mais son alter ego veille à sa destinée prochaine: Emmerich, ancien Iron Warrior et cynique Obliterator garde l'objectif de Jocoba, une des batteries d'artillerie qui pilonne son secteur et les troupes qui l'accompagnent.
Au milieu de la furie des combats qui font rage autour d'eux les deux hommes apprennent à se respecter, à l'ombre des titans qui affrontent les masses hérétiques, sous les sculptures blasphématoires des citadelles noires d'où sortent démons et dévoyés le fier White Scars et l'Obliterator se jettent dans un duel à mort.
Deux existences s'affrontent, focalisant, réduisant les luttes épiques à ce seul échange. Les Dieux, l'Empereur semblent s'être penchés sur eux, leurs champions.
Géhenna, miroir fébrile et maudit de Terra, paraît ne pouvoir jamais connaître la paix.
Extrait:
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« Il existe une terre bien particulière, un monde situé entre les univers, scintillant par moment, inconnu et somptueux. Une terre d’horreur et de méfait, une erreur qui oscille d’une réalité à une autre, monde démon diront les uns, monde disparu ou en devenir diront les autres.
Dans l’enfer de Géhenna se sont engouffrées des générations entières de soldats, des milliers de vies ont disparues avec elle pour revenir de nouveau hanter les vivants envoyés pour la reconquérir.
Géhenna ne connaît pas la sérénité. Elle ne connaît pas la paix. Géhenna est une planète maudite.
Et tout ceux qui ont posé les pieds sur elle le savent ou l'apprendront bientôt : ils ne reviendront jamais. »
Chroniques de Melagarth.
Un Thunderhawk chuta, sa coque déchirée déversant des flots de flammes et de fumée dans sa course concentrique. Il s’écroula dans une puissante explosion en touchant le sol du plateau de H’Lyta.
D’autres transports passèrent en hurlant au dessus des tranchées, les canons des bolters lourds rougissant des tirs soutenus dirigés sur les lignes ennemies.
Une escouade de White Scars se jeta à terre alors que s’abattait un nouveau barrage d’artillerie. Les corps écartelés, soulevés par les explosions, retombaient en grâce sur les survivants étouffés par la boue et leur propre sang.
Il y avait là un fort détachement de Space Marines. Une force combinée de plusieurs Chapitres. Dark Angels, Ultramarines, Space Wolves, Blood Angels et White Scars rivalisaient d’exploits héroïques pour arracher à l’ennemi quelques arpents vitrifiés par la violence des combats.
Les accompagnaient les régiments de la Garde Impériale dans la lutte insensée qui se jouait ici. Les états majors se communiquaient inlassablement les meilleurs positions d’attaques, les points de défenses et les contre offensives de l’ennemi.
Les lourdes machines de l’Adeptus Titanicus, débarquées récemment, arpentaient la dévastation de H’Lyta pareilles à des icônes grondantes, disparaissant parfois dans les nuées soulevées par l’intense barrage. Leurs boucliers déflecteurs crépitant sous les impacts.
Beaucoup d’hommes estimables allaient mourir aujourd’hui.
Le Frère Capitaine Jocoba, Khan des Prodomoi de sa compagnie observait la toute puissance de l’Imperium se briser sur les murs de feu de l’ennemi.
Celui-ci s’accrochait aux contre forts du plateau, tentant de défendre les accès aux noirs forteresses des Dieux Maudits. De nombreux rapports alarmants faisaient état de la présence de la redoutée Death Guard, d’éléments Thousand Sons, d’escouades World Eaters, d’Emperor’s Chidren et de bataillons hérétiques de l’ancienne défense planétaire de Baniga.
Ce qu’il redoutait n’était pas tant l’immense concentration d’infanterie de l’ennemi mais son excellente connaissance du terrain. De plus l’artillerie faisait des ravages conséquents dans ses rangs.
Beaucoup d’hommes estimables étaient morts sans avoir porté la main à leur épée, et cela Jocoba ne l’admettait pas.
Juché sur sa machine il observa une colonne blindée entrer dans le combat, les tirs croisés de l’ennemi crépitant sur le blindage des Leman Russ, les faisant disparaître sous une myriade d’impacts, parfois parvenant à transpercer les puissantes machines.
Celles-ci explosaient, s’enflammaient, s’arrêtaient… monstres d’aciers épuisés. Les équipages en sortaient, hagards, retenant leur crâne ensanglanté par les hémorragies entre leurs mains, secoués par les chocs qui devaient transformer en vacarme assourdissant les habitacles des machines.
Des tourelles sautaient, arrachées par le souffle des explosions, virevoltaient un instant, vulgaires pièces d’aciers déformées avant de retomber sur les chars suivants, entraînant de nouveaux retards dans leur progression.
Puis les canons de l’ennemi se turent. Une foule désavouée se dressait soudain, sortait des tranchées et sous le feu nourri des lignes impériales se jetait sur les carcasses et les blindés brinquebalants. Les ceintures d’explosifs dévastaient la colonne arrêtée.
D’un geste Jocoba ordonna à une escouade motorisée d’attaquer le point de sortie de l’ennemi. Celle-ci s’approcha rapidement des tranchées et les marines à l’armure blanche sautèrent dans le réseau, nettoyant ainsi un premier poste avancé.
Soutenue par une poignée de troupes d’assauts Blood Angels l’escouade sécurisa l’endroit.
Au prix de pertes immenses l’Imperium avait gagné quelques mètres, distance perdue ailleurs sur le front sans doute. Les lignes de front n’étaient que des serpents ondulants sur eux-mêmes, pour un hectare de terre retournée tout un réseau de tranchées tombait aux mains de l’ennemi.
Jocoba trouvait que celui-ci se battait bien. Sans être fin stratège, ce qu’on ne lui demandait pas par ailleurs, il avait conscience que les combats pour le plateau si ils étaient intenses ne menaient à rien. Il fallait lancer une attaque décisive, soulager les lignes impériales.
Un tir d’artillerie souleva la tranchée nouvellement gagnée, ensevelissant les honorables Space Marines…
Dans l’enfer de Géhenna se sont engouffrées des générations entières de soldats, des milliers de vies ont disparues avec elle pour revenir de nouveau hanter les vivants envoyés pour la reconquérir.
Géhenna ne connaît pas la sérénité. Elle ne connaît pas la paix. Géhenna est une planète maudite.
Et tout ceux qui ont posé les pieds sur elle le savent ou l'apprendront bientôt : ils ne reviendront jamais. »
Chroniques de Melagarth.
Un Thunderhawk chuta, sa coque déchirée déversant des flots de flammes et de fumée dans sa course concentrique. Il s’écroula dans une puissante explosion en touchant le sol du plateau de H’Lyta.
D’autres transports passèrent en hurlant au dessus des tranchées, les canons des bolters lourds rougissant des tirs soutenus dirigés sur les lignes ennemies.
Une escouade de White Scars se jeta à terre alors que s’abattait un nouveau barrage d’artillerie. Les corps écartelés, soulevés par les explosions, retombaient en grâce sur les survivants étouffés par la boue et leur propre sang.
Il y avait là un fort détachement de Space Marines. Une force combinée de plusieurs Chapitres. Dark Angels, Ultramarines, Space Wolves, Blood Angels et White Scars rivalisaient d’exploits héroïques pour arracher à l’ennemi quelques arpents vitrifiés par la violence des combats.
Les accompagnaient les régiments de la Garde Impériale dans la lutte insensée qui se jouait ici. Les états majors se communiquaient inlassablement les meilleurs positions d’attaques, les points de défenses et les contre offensives de l’ennemi.
Les lourdes machines de l’Adeptus Titanicus, débarquées récemment, arpentaient la dévastation de H’Lyta pareilles à des icônes grondantes, disparaissant parfois dans les nuées soulevées par l’intense barrage. Leurs boucliers déflecteurs crépitant sous les impacts.
Beaucoup d’hommes estimables allaient mourir aujourd’hui.
Le Frère Capitaine Jocoba, Khan des Prodomoi de sa compagnie observait la toute puissance de l’Imperium se briser sur les murs de feu de l’ennemi.
Celui-ci s’accrochait aux contre forts du plateau, tentant de défendre les accès aux noirs forteresses des Dieux Maudits. De nombreux rapports alarmants faisaient état de la présence de la redoutée Death Guard, d’éléments Thousand Sons, d’escouades World Eaters, d’Emperor’s Chidren et de bataillons hérétiques de l’ancienne défense planétaire de Baniga.
Ce qu’il redoutait n’était pas tant l’immense concentration d’infanterie de l’ennemi mais son excellente connaissance du terrain. De plus l’artillerie faisait des ravages conséquents dans ses rangs.
Beaucoup d’hommes estimables étaient morts sans avoir porté la main à leur épée, et cela Jocoba ne l’admettait pas.
Juché sur sa machine il observa une colonne blindée entrer dans le combat, les tirs croisés de l’ennemi crépitant sur le blindage des Leman Russ, les faisant disparaître sous une myriade d’impacts, parfois parvenant à transpercer les puissantes machines.
Celles-ci explosaient, s’enflammaient, s’arrêtaient… monstres d’aciers épuisés. Les équipages en sortaient, hagards, retenant leur crâne ensanglanté par les hémorragies entre leurs mains, secoués par les chocs qui devaient transformer en vacarme assourdissant les habitacles des machines.
Des tourelles sautaient, arrachées par le souffle des explosions, virevoltaient un instant, vulgaires pièces d’aciers déformées avant de retomber sur les chars suivants, entraînant de nouveaux retards dans leur progression.
Puis les canons de l’ennemi se turent. Une foule désavouée se dressait soudain, sortait des tranchées et sous le feu nourri des lignes impériales se jetait sur les carcasses et les blindés brinquebalants. Les ceintures d’explosifs dévastaient la colonne arrêtée.
D’un geste Jocoba ordonna à une escouade motorisée d’attaquer le point de sortie de l’ennemi. Celle-ci s’approcha rapidement des tranchées et les marines à l’armure blanche sautèrent dans le réseau, nettoyant ainsi un premier poste avancé.
Soutenue par une poignée de troupes d’assauts Blood Angels l’escouade sécurisa l’endroit.
Au prix de pertes immenses l’Imperium avait gagné quelques mètres, distance perdue ailleurs sur le front sans doute. Les lignes de front n’étaient que des serpents ondulants sur eux-mêmes, pour un hectare de terre retournée tout un réseau de tranchées tombait aux mains de l’ennemi.
Jocoba trouvait que celui-ci se battait bien. Sans être fin stratège, ce qu’on ne lui demandait pas par ailleurs, il avait conscience que les combats pour le plateau si ils étaient intenses ne menaient à rien. Il fallait lancer une attaque décisive, soulager les lignes impériales.
Un tir d’artillerie souleva la tranchée nouvellement gagnée, ensevelissant les honorables Space Marines…
ou
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« Lorsque Géhenna se baigne dans la lointaine lumière de Pinota 63, son astre, la violence, la vengeance, la haine, la guerre trouvent sur son sol le champs des moissons infernales. La planète sombre, ploie sous les coups répétés d’engeances malfaisantes qui y naissent, meurent et renaissent.
Les ombres terribles jaillissent du néant, l’histoire se répète à jamais et en croisades infructueuses et déjà oubliées l’Imperium se jette contre les Citadelles Noires qui parsèment sa surface, ces endroits où sommeillent d’éternelles horreurs.
En éclipses grondantes s’éparpillent espoir et honneur, se brisent les valeurs humaines. Lieu de combats et de bravoure Géhenna geint en regagnant les profondeurs de l‘œil de la Terreur. Dans sa course folle la planète passe d’un temps à un autre, s’engouffre dans les tourbillons malsains et réapparaîtra sans doute, de nouveau elle-même, fidèle à elle-même.
Et la guerre se jettera encore sur elle, les ennemis éternels revivant pour toujours des luttes futiles et nécessaires, les champions de toutes les gloires s’affrontant jusque dans ses entrailles afin de remporter une victoire, leur victoire sur les cycles de la planète. »
Chroniques de Melagarth.
Surgissant du dense réseau souterrain, précédé par une poignée d’esclaves, Emmerich gagna l’air libre. Son corps dénaturé semblait se jouer de toutes les réalités.
Autour de lui ses suivants, des prisonniers rendus fous par les sbires de son maître, s’agitaient, balbutiaient ou maugréaient des chants lugubres à sa seule puissance.
Eux aussi avaient subies sur leur corps les outrages de sa Légion.
Derrière Emmerich ses deux compagnons, frères de combat, gagnaient à leur tour la surface.
Les trois Obliterators se dirigèrent vers la batterie d’artillerie qu’on leur avait assigné là bas, dans l’une des Forteresses où siégeait leur maître. Il fallait la garder d’une possible offensive ennemie. Emmerich sonda l’espace et le temps et s’aperçut en effet d’un trouble encore lointain mais pressant.
« Contre batterie ! » hurla un homme bouffi à sa gauche.
Une pluie d’obus tomba autour d’eux, plusieurs machines éclatèrent à l’impact ou s’embrasèrent, de nombreux servants furent projetés, déjà morts, âme dévorée, dans les airs.
Une escouade de soldats apparue plus loin, sur une hauteur. Les magnifiques armures ouvragées des Emperor’s Children resplendissaient. Emmerich voyait parfaitement les magnifiques sculptures et écritures complexes qui s’entremêlaient sur les fonds alternés de rose et de noir.
Tant d’or et de talent déployés sur de simples armures le laissaient perplexe mais il en admettait la grande beauté.
Dans un rire sonore et cristallin, profondément dérangeant le chef des Dévoués de Slaanesh lui fit comprendre tout le mépris que celui-ci lui portait.
Dans un geste peu commun Emmerich lui rendit la pareille.
L’étrange mélange de respect et de dédain qu’il y avait entre les différentes Légions désavouées entretenait une forme d’admiration, un lien conséquent aux premières luttes de ces compagnons dans la damnation, très semblable à l’esprit de compétition qui subsiste entre les Chapitres de l’Adeptus Astartes.
Mais une chose ennuyait Emmerich : ces hommes là s’étaient donné à une seule et unique Puissance du Chaos. Ils se privaient ainsi du secours des autres Dieux, et si cela les regardait, bien sûr, le vieux guerrier qu’il était ne comprenait pas que l’on ignore ainsi tous les autres atouts nécessaires à la victoire finale.
Le sol trembla alors qu’une centaine de bouches à feu déversaient leur redoutable chargement.
Plus loin l’ombre d’une puissante machine de l’Adeptus Titanicus lui rappela de grandes heures et de mauvais souvenirs. Combien de fois avait il vu les choses humanoïdes s’effondrer sur des murs impénétrables, leurs réacteurs s’emballant, les duels monstrueux qui faisaient fi des cohortes qui se battaient à leurs pieds, dans leur ombre.
Ravages, carnages, morts… Terra la belle lui semblait si lointaine.
Un court frisson parcourut à la fois son corps et son armure : quelque part un homme se décidait enfin à attaquer cette position. Il ouvrit une main, une serre d’acier et attrapa l’un de ses suivants par l’épaule, broya les os, ignorant les cris. Il le rejeta plus loin. Il n’avait jamais trouvé meilleur moyen de calmer un peu de la rage qui l’envahissait toujours à la perspective d’un combat.
Ses deux compagnons avaient compris eux aussi ce qui se tramait.
En jetant un œil sur les Emperor’s Children il aperçut la silhouette de leur Rhino. L’étrange et antique véhicule n’était plus que l’ombre de lui-même, un assemblage de sculptures somptueuses, mouvantes et d’outils divers, armes étranges typiques des Serviteurs de Slaanesh.
Il ressentait aussi l’absence de pilote à l’intérieur du véhicule… ou plutôt en discernait l’étonnante conscience lovée dans l’habitacle.
Les Space Marines se déployaient derrière quelques canons, fourbissant leur arsenal complexe. Emmerich doutait de l’efficacité de ces armes mais les trouvait si exotiques qu’il regrettait de ne les avoir jamais eu en main, ne serait ce qu’une seule fois, afin de se remémorer leur fonctionnement et les rétablir en lieu et place de ses propres membres. Esprit curieux et joueur Emmerich trouvait dommage que les appareillages, les rituels et les démons qui l’habitaient par moment ne savaient se porter dans l’originalité.
En un mouvement son bras gauche disparut dans un assemblage de canons et de flammes. Son bras droit s’élança et se figea en une longue pique vibrante d’énergie noire.
Puis il attendit. Plus bas le long des pentes qui mènent au plateau où s’élevaient les Citadelles des Maîtres Endormis l’ennemi s’écartelait sous les feux croisés.
Les ombres terribles jaillissent du néant, l’histoire se répète à jamais et en croisades infructueuses et déjà oubliées l’Imperium se jette contre les Citadelles Noires qui parsèment sa surface, ces endroits où sommeillent d’éternelles horreurs.
En éclipses grondantes s’éparpillent espoir et honneur, se brisent les valeurs humaines. Lieu de combats et de bravoure Géhenna geint en regagnant les profondeurs de l‘œil de la Terreur. Dans sa course folle la planète passe d’un temps à un autre, s’engouffre dans les tourbillons malsains et réapparaîtra sans doute, de nouveau elle-même, fidèle à elle-même.
Et la guerre se jettera encore sur elle, les ennemis éternels revivant pour toujours des luttes futiles et nécessaires, les champions de toutes les gloires s’affrontant jusque dans ses entrailles afin de remporter une victoire, leur victoire sur les cycles de la planète. »
Chroniques de Melagarth.
Surgissant du dense réseau souterrain, précédé par une poignée d’esclaves, Emmerich gagna l’air libre. Son corps dénaturé semblait se jouer de toutes les réalités.
Autour de lui ses suivants, des prisonniers rendus fous par les sbires de son maître, s’agitaient, balbutiaient ou maugréaient des chants lugubres à sa seule puissance.
Eux aussi avaient subies sur leur corps les outrages de sa Légion.
Derrière Emmerich ses deux compagnons, frères de combat, gagnaient à leur tour la surface.
Les trois Obliterators se dirigèrent vers la batterie d’artillerie qu’on leur avait assigné là bas, dans l’une des Forteresses où siégeait leur maître. Il fallait la garder d’une possible offensive ennemie. Emmerich sonda l’espace et le temps et s’aperçut en effet d’un trouble encore lointain mais pressant.
« Contre batterie ! » hurla un homme bouffi à sa gauche.
Une pluie d’obus tomba autour d’eux, plusieurs machines éclatèrent à l’impact ou s’embrasèrent, de nombreux servants furent projetés, déjà morts, âme dévorée, dans les airs.
Une escouade de soldats apparue plus loin, sur une hauteur. Les magnifiques armures ouvragées des Emperor’s Children resplendissaient. Emmerich voyait parfaitement les magnifiques sculptures et écritures complexes qui s’entremêlaient sur les fonds alternés de rose et de noir.
Tant d’or et de talent déployés sur de simples armures le laissaient perplexe mais il en admettait la grande beauté.
Dans un rire sonore et cristallin, profondément dérangeant le chef des Dévoués de Slaanesh lui fit comprendre tout le mépris que celui-ci lui portait.
Dans un geste peu commun Emmerich lui rendit la pareille.
L’étrange mélange de respect et de dédain qu’il y avait entre les différentes Légions désavouées entretenait une forme d’admiration, un lien conséquent aux premières luttes de ces compagnons dans la damnation, très semblable à l’esprit de compétition qui subsiste entre les Chapitres de l’Adeptus Astartes.
Mais une chose ennuyait Emmerich : ces hommes là s’étaient donné à une seule et unique Puissance du Chaos. Ils se privaient ainsi du secours des autres Dieux, et si cela les regardait, bien sûr, le vieux guerrier qu’il était ne comprenait pas que l’on ignore ainsi tous les autres atouts nécessaires à la victoire finale.
Le sol trembla alors qu’une centaine de bouches à feu déversaient leur redoutable chargement.
Plus loin l’ombre d’une puissante machine de l’Adeptus Titanicus lui rappela de grandes heures et de mauvais souvenirs. Combien de fois avait il vu les choses humanoïdes s’effondrer sur des murs impénétrables, leurs réacteurs s’emballant, les duels monstrueux qui faisaient fi des cohortes qui se battaient à leurs pieds, dans leur ombre.
Ravages, carnages, morts… Terra la belle lui semblait si lointaine.
Un court frisson parcourut à la fois son corps et son armure : quelque part un homme se décidait enfin à attaquer cette position. Il ouvrit une main, une serre d’acier et attrapa l’un de ses suivants par l’épaule, broya les os, ignorant les cris. Il le rejeta plus loin. Il n’avait jamais trouvé meilleur moyen de calmer un peu de la rage qui l’envahissait toujours à la perspective d’un combat.
Ses deux compagnons avaient compris eux aussi ce qui se tramait.
En jetant un œil sur les Emperor’s Children il aperçut la silhouette de leur Rhino. L’étrange et antique véhicule n’était plus que l’ombre de lui-même, un assemblage de sculptures somptueuses, mouvantes et d’outils divers, armes étranges typiques des Serviteurs de Slaanesh.
Il ressentait aussi l’absence de pilote à l’intérieur du véhicule… ou plutôt en discernait l’étonnante conscience lovée dans l’habitacle.
Les Space Marines se déployaient derrière quelques canons, fourbissant leur arsenal complexe. Emmerich doutait de l’efficacité de ces armes mais les trouvait si exotiques qu’il regrettait de ne les avoir jamais eu en main, ne serait ce qu’une seule fois, afin de se remémorer leur fonctionnement et les rétablir en lieu et place de ses propres membres. Esprit curieux et joueur Emmerich trouvait dommage que les appareillages, les rituels et les démons qui l’habitaient par moment ne savaient se porter dans l’originalité.
En un mouvement son bras gauche disparut dans un assemblage de canons et de flammes. Son bras droit s’élança et se figea en une longue pique vibrante d’énergie noire.
Puis il attendit. Plus bas le long des pentes qui mènent au plateau où s’élevaient les Citadelles des Maîtres Endormis l’ennemi s’écartelait sous les feux croisés.