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Full Version: Titanicus
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Etienne, Duc d'Aquitanie
Bon, encore un Abnett, mais je ne m'en lasse décidément pas, j'ai l'impression...

Titanicus, ça avait déjà été abordé un peu par Nightbringer il y a de cela quelques temps dans un autre sujet, je me permets de mettre ici ma propre critique pseudo-littéraire de ce charmant pavé (600 pages, quand même).

Titanicus, ça se passe dans les Mondes de Sabbat, c'est l'histoire de la Legio Invicta, qui en chemin pour le front, reçoit un appel à l'aide du monde-forge Orestes, qui se fait menacer par une légion renégate.

Et donc forcément, comme les adeptes du Mechanicus, ils préfèrent aider leurs copains que d'écouter les ordres de Macaroth, ils font un crochet pour aller régler l'affaire à coups de pétage de tronches super bourrins avec la team d'en face.

Au niveau du style, rien à redire, le style de Dan Abnett est toujours présent et extrêmement agréable. On a toujours cette pointe de réalisme à travers les détails pratiques Mechanicus-like (le style de conversation entre les personnages, les conversions d'expressions argotiques genre "tu peux te la mettre là où je pense" en conversation Mechanicus, assez hilarantes), le réalisme également avec une description des différences entre équipages (un Warhound et un Warlord, c'est pas du tout construit pareil, par exemple).

Au niveau de la longueur, étonnament, on aurait pu se dire "ça va être barbant", mais non, c'est assez bluffant, mais le fait d'avoir 600 pages (contre 300-400 pour un roman classique de la Black Library) permet à Abnett d'aller en profondeur dans la campagne, et de gérer deux conflits à la fois, d'un côté la campagne militaire en elle-même, et de l'autre, certaines tensions au sein de la ruche entre l'Imperium et le Mechanicus que je ne développerai pas plus par peur d'en dire trop smile.gif.

Mis à part ça, en ce qui concerne le scénario, c'est pour le coup un tort récurrent de Dan Abnett que de toujours revenir à cette manière de raconter un peu inégale : pendant tout le récit, on est tenus en haleine avec plein de détail, de la profondeur, des scènes de dix minutes décrites en un demi-chapitre, et ça finit systématiquement par "et en quelques mois tout rentra dans l'ordre" ou "cette bataille de 50 jours vit la victoire du Chaos", et c'est là que je trouve ça dommage : pendant toute la longueur d'un bouquin, on est habitués à un niveau de détail extrêmement plaisant, et la fin est torchée en 10 pages. C'est triste, et c'était déjà un peu l'impression qu'on avait dans Double Eagle, ou dans certains épisodes des Fantômes de Gaunt comme Honour Guard, par exemple (qui pour le coup relève carrément du deus ex machina, m'enfin on est tous d'accord dessus, dans ce dernier cas smile.gif).

C'est donc un livre que je recommande très fortement, comme l'a dit Nightbringer, on en apprend beaucoup sur le fonctionnement, non seulement des Titans, mais aussi des relations du Mechanicus avec l'Imperium, des skitarii, et un peu de toute la logistique et des services de renseignements impériaux en général.

Titi
Nightbringer
QUOTE(Etienne @ Duc d'Aquitanie,02/05/10 , 6:36)
Mis à part ça, en ce qui concerne le scénario, c'est pour le coup un tort récurrent de Dan Abnett que de toujours revenir à cette manière de raconter un peu inégale : pendant tout le récit, on est tenus en haleine avec plein de détail, de la profondeur, des scènes de dix minutes décrites en un demi-chapitre, et ça finit systématiquement par "et en quelques mois tout rentra dans l'ordre" ou "cette bataille de 50 jours vit la victoire du Chaos", et c'est là que je trouve ça dommage : pendant toute la longueur d'un bouquin, on est habitués à un niveau de détail extrêmement plaisant, et la fin est torchée en 10 pages. C'est triste, et c'était déjà un peu l'impression qu'on avait dans Double Eagle, ou dans certains épisodes des Fantômes de Gaunt comme Honour Guard, par exemple (qui pour le coup relève carrément du deus ex machina, m'enfin on est tous d'accord dessus, dans ce dernier cas smile.gif).

Tout à fait d'accord avec ça, d'autant plus que je viens tout juste de finir "L'Armure De Mépris".
Pour moi, ce n'est pas une faiblesse d'Abnett, mais au contraire ça façon de raconter une histoire, et surtout de se focaliser principalement (uniquement ?) sur ce qui l'intéresse dans un récit, à savoir l'interaction et l'évolution de quelques personnages au sein d'une unité, en se servant des moment les plus forts et les plus révélateurs des différentes personnalités et des relations entres les personnages. Après, l'histoire avec un grand "H", la bataille en elle-même ne sert que de toile de fond, de contexte.
On retrouve ce schéma, cette approche typique et particulière dans tous ces bouquins, il me semble. Du moins tous ceux ayant été traduits par la BL.
Etienne, Duc d'Aquitanie
Tu trouves ? Moi je trouve quand même ça un peu dommage que l'histoire ne serve que de toile de fond pour faire évoluer les personnages, ça fait limite un poil série américaine, avec le scénario, et les éléments qui sont placés les uns après les autres pour rendre ça palpitant, tu vois ce que je veux dire ?

Maintenant que je cherche un peu, un des seuls bouquins que j'ai lus et qui n'a pas ce schéma (ou peut-être plus subtil) est Riders of the Dead, qui si je ne m'abuse a déjà été (malencontreusement smile.gif) traduit par Les Cavaliers de la Mort. Si je me rappelle bien, la bataill finale n'est pas pliée en trois pages smile.gif.

Mis à part ça, je pense aussi un poil à Alpha, qui ne se termine peut-être pas tant que ça en queue de poisson, même si faut avouer que dès que les Spaces se retournent, ça part carrément en catastrophe en dix pages...

Par contre, dans des livres que j'ai apprécié, un de mes favoris est Necropolis, et là, c'est au milieu, qu'il y a la baston-en-dix-pages : la bataille pour mettre Gaunt au pouvoir, en gros la quatrième vague. On a deux paragraphes, et "le Général Machin mourut avec ses hommes", puis trois paragraphes à un autre endroit et "le Maréchal Truc n'était plus qu'une carcasse couverte de poussière quand les Ferrozoicans l'atteignirent", et enfin "le Général Bidule, toujours avec ses hommes, fut aveuglé par un obus, et mourut vaporisé par un autre". En gros, pendant dix chapitres, tout le monde se bat super bien, etc., et en un chapitre, tous ceux qui gênent la suite de l'histoire passent à la trappe, pour que Gaunt puisse être mis aux commandes.

Je suis fan du style de Dan Abnett, et de ses récits, mais force m'est de reconnaître que parfois, les transitions dans le scénario (que ce soit pour terminer un bouquin ou pour passer un moment clé de la bataille) sont assez mal gérées : au lieu de faire mourir tous les généraux d'un coup en un seul chapitre, n'aurait-il pas mieux valu en faire tomber un dans un autre combat plus tôt ?

Quand tu parles de tous les bouquins de la Black Library, tu veux dire de Dan Abnett, ou en général ?

Titi
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