Volet I : Levilnor IV
Le Sergent Domschmeltz maudissait le commandant qui lui avait confié cette mission, il détestait la marche à pieds et les missions de reconnaissance, mais un ordre était un ordre et il était un bon soldat.
Il se remémora l'ordre de mission, pour ne rien oulier et en finir au plus vite avec ce canular, pensait-il. Cela avait commencé avec la rupture des communications avec le poste avancé X017 sur la planète Levilnor IV. Des rapports faisaient part d'étranges phénomènes et l'état major l'avait chargé de ramener des preuves concrètes sur ce qui c'était produit.
Un caillou dans la chaussure le ramena à la réalité. Grommelant sur le sort qui s'acharnait sur lui, il fut interrompu dans ses récréminations par des voluptes de fumée, derrière la colline. Voyant cela il donna l'ordre d'avancer au pas de course et de rejoindre l'origine de ce qui brulait. Le soldat Yuki comme à son habitude partit devant, prêt à tout.
Domschmeltz sourit en repensant à la première fois qu'il avait vu ce bleu entre les mains du sergent recruteur. Bravache, il l'avait défié en combat singulier et c'était lamentablement étalé face contre terre dans une flaque d'eau.
Secouant la tête, le sergent se morigéna de repenser au passé alors que le présent était beaucoup plus dangereux. A peine se faisait-il cette réflexion qu'un tir percuta son épaule. La douleur était atroce. Le fait de ressentir si vivement sa chair brûlée sans s'y être préparé lui arracha un cri. Mais il ne mourrait pas. Tant que ses terminaisons nerveuses lui faisait ressentir sa blessure, il savait qu'il pouvait survivre.
Le bruit caractéristique d'un laser l'empêcha de sombrer dans l'inconscient. Une bataille avait lieu. Le repos signifiait la mort. La vue de l'ennemi armant son arme pour le tuer une fois pour toute réveilla tous ses sens. Son instinct de survie et son entraînement avait repris le dessus une fois le choc passé. Il plongea à couvert.
Un autre tir se fit entendre. Un nouvel assaillant ? Un danger plus préssent occupait toutes ses pensées. Ses réflexions n'avaient durée qu'un temps infime. Sa vue se troublait. Un nuage rouge recouvrait ses yeux. Du sang. Il avait du se cogner la tête en tombant au sol. Une voix le tira de sa froide analyse.
- Sergent. Vous allez bien. La menace est neutralisée. Je l'ai tué. Sa tête a explosé.
Qui aurait pu penser que ce bleu de Yuki deviendrait un si bon tireur ? Le sergent pensait trop au passé. Il devait rester concentré sur le présent. Des mains lui arrachèrent de nouveaux cris. Pusieurs visages troubles le regardaient. Un plus proche lui prodiguait des soins. Une injection le calma suffisement pour articuler des ordres.
- Couvrez le périmètre. Le temps que je récupère.
Recherchant une meilleure position à défendre les soldats Flo et Sanary partirent en reconnaissance. Nouveau dans l'escouade il ne connaissait encore rien de leurs camarades.
Ils n'avaient entendu que des rumeurs sur l'escouade porte-poisse. Le nom les avait sourire la première fois. Ce demandant d'où il pouvait venir. Les histoires des exploits de cette bande avaient déjà fait le tour du camp. Mais ils n'y avaient pas prété attention. Qui ferait confiance aux inepties que l'on colporte dans un camp ?
Mais depuis leur affectation dans l'unité la malchance semblait s'attacher à leur pas. Le caporal Evandree leur rabachait que c'était depuis leur arrivée que la chance leur avait fait défaut. S'il savait ce que l'on disait sur sa bonne étoile dans son dos il serait peut être moins présomptieux avec sa « légendaire bonne fortune ».
Son efficacité compensait ses défauts. Mais certaines de ses manies pouvaient déranger ceux qui n'avaient jamais combattu à ses côtés. Qui pourrait faire confiance à quelqu'un qui chérissait son lance-flammes comme son premier amour, lui donnant même un nom, Momone ?
Cette curiosité ne lui a jamais valu de promotion. Seul le manque de gradés avait forcé l'état major à le nommer caporal.
- Caporal, avez-vous des nouvelles de Flo et Sanary ?
- Oui sergent. Ils ont découvert une chimère encore en état de marche. Des cadavres et des traces d'impacts signalent qu'une bataille s'est déroulée. Aucun signe des bélligérants n'a été repéré.
- Allons-y. Je ne ferais que vous ralentir si je devais marcher. La chimère pourra nous transporter plus rapidement. Et plus vite on aura fini cette mission, plus vite je recevrai de meilleurs soins.
Un regard lourd de sous-entendu pesait sur le médecin Nazdreg. Mais celui-ci ne prenait jamais en compte les remarques sur ses capacités. De nombreux malades évitaient de lui rendre visite. Seul les plus atteind ne pouvaient pas fuir assez rapidement.
Il avait une façon toute particulière de guérir ses malades. Il ne prenait jamais de risque. Dans le doute d'une infection il amputait automatiquement. Dès qu'une personne clopinait ou etait diminuée, on savait qu'il était passé entre les mains du « boucher ».
- Vince et le bou?doc. Aidez le sergent à marcher. Je vous couvre.
Vince, le mécano. Il pouvait remettre en état n'importe quoi. Mais ses réparations ne duraient qu'un temps et avaient quelques effets secondaires plutôt dérangeant. La dernière fois qu'il avait réparé le véhicule de fonction d'un colonel, ce transport de gradé avait les meilleurs freins du secteur. Tellement bon qu'ils usaient les roues qui éclataient au bout de quelques utilisations. On avait retrouvé le colonel hébété à côté d'un lac. Le véhicule coulant à pique. Cela lui avait valu d'être affecté dans l'unité porte-poisse.
- Caporal. Le sergent tourne de l'?il.
- On le soignera une fois arrivée, Vince.
La suite demain. Vous aurez la fin du premier volet. En plus il y a des interludes alors j'ai du boulot mais si ça vous plait pas, j'arrêterais là
PS: Damned tu ne pourras critiquer que si tu critiques d'abord Evasion
REPS: ne pouvant plus répondre ni poster de nouveau message je suis obligé de faire pour l'instant que des éditions. A force ce message va être long
La chimère n'était pas très loin. Des corps gisaient tout au tour. Certains démembrés. D'autres avec une expression figée de surprise. Un tableau de guerre vu trop souvent. Des flaques de sang rendaient le terrain glissant.
C'est la remarque que c'était faîte le caporal Evandree en se ratrappant de justesse au bras du sergent. Le cri et les imprécations poussées par ce vétéran réveillèrent un nid d'oiseau. Leurs propriétaires s'envolèrent à tir d'ailes.
Si les lasers ne les avaient pas fait repérer. Cette envolée le ferait sûrement. S'éloignant le plus rapidement possible de son chef pendant que celui-ci essayait de sortir son arme de son bras valide, il se concentra activement à l'etude des marques à l'abris de son regard.
L'état encore frais des cadavres indiquait que la bataille avait eu lieu peu de temps avant. Certaines traces, encore chaudes, sur la coque le confirmaient. Le temps jouait contre eux. Il ne pouvait rester là à attendre. Qui sait s'ils ne se faisaient pas encercler en ce moment ?
Le bruit du moteur remis en marche par Vince sonna comme le rappel. Toute l'escouade se mit à acourir pour se réfugier à l'intérieur du transport. A l'abris de la carlingue.
L'annonce de la destruction de l'armement de ce véhicule doucha quelque peu leur enthousiasme. Pendant qu'ils prenaient position à chaque écoutille pour couvrir les angles morts Vince annonca le départ.
Le sergent avait été allongé sur le sol. Reprenant ses esprits, il avait arrêté d'essayer de faire feu sur sa némesis actuelle. Le caporal Evandree. Le démarrage brusque fit vibrer les attaches des bancs où s'était assi les soldats Yuki et Flo. Le mécanicien en avait utilisé quelques-unes pour faire fonctionner la direction. De violents chocs répétitifs du à la route les brisèrent envoyant ces deux soldats s'écraser sur le sergent Domschmeltz.
Les promesses de mort et de corvée de tout genre fusèrent. Un sourire se déssina sur le visage du caporal Evandree. C'était maintenant à ces deux là de recevoir l'ire du sergent.
- Soldats prenez ma place je m'occupe du sergent.
Yuki et Flo étaient trop heureux de s'en tirer à si bon compte et ne se le firent pas répéter deux fois.
- Merci docteur mais je vais beaucoup mieux maintenant.
Le sourire du caporal s'élargit encore. Même le sergent avait des impréhensions fasse au boucher.
- On ne sait jamais vous avez peut être reçu un coup qui va causer une commotion. Laissez-moi vous examiner.
Il devait prier pour une intervention de l'Empereur à présent. Etre examiner par ce docteur était plus risquer que de se faire blesser.
- Chef ! Barrage droit devant !
- L'Empereur soit loué !
- Drôle de réaction sergent, cela pourrait être des ennemis. Je vous examinerai plus tard. Je reprends mon poste.
- Excellente idée soldat.
Un souffle rauque de soulagement se fit entendre, avant que le sergent ne tombe dans l'inconscience. Il était plus touché qu'il ne voulait l'admettre.
- Vince. Ami ou ennemi ?
- Je suis encore trop loin pour juger caporal. Mais ils nous font signe de nous arrêter.
- Très bien, arrêtes-toi. Je sortirai seul. Au moindre geste suspect. Je ne veux plus en voir un debout. C'est clair ?
- Oui caporal. On vous couvre.