Voilà, je m'essaie à Battle, après 40k...
La renaissance du faucon
Livre I : les Landes ténébreuses
Prologue :
Le conteur était assis en tailleur devant l'âtre, emmitouflé dans sa cape de fourrures. Fourrures de renard polaire, d'ours blanc et de loup albinos. Et blanc aussi demeurait son visage, comme la neige sur les branches gelées des pins. Ses deux yeux bleus miroitaient à la lueur des flammes dansantes, et il prit la parole :
« -Maintenant ce soir le vieux Kalores dira un conte aussi vieux que notre cité rayonnante, une histoire de notre Grand Nord, un récit des temps révolus. Voici le destin de Lamenoire Gandacier, celui-qui-parlait-aux-bêtes.
Et le conte évoque cette même terre froide et venteuse sur laquelle nous nous tenons. Mais en cette époque elle vacillait entre deux puissances opposées : le Chaos et L'ordre du Faucon.
Le Chaos était violent comme le gel et froid comme le brasier, il dévorait la terre, l'air et les mers ; il descendait du Nord comme une marée néfaste, apportant avec lui guerres, massacres et pillages, annexant à son Empire Maudit les villes démunies. Et nombreux étaient les hommes pervertis qui servaient sa cause, trahis dans leurs espoirs et dans leurs pensées, nourris de haine et de mensonges qu'il ne pouvaient percer à jour, aveuglés par leurs défauts. Et accompagnés de monstres ils avançaient, et ces bêtes toutes plus immondes les unes que les autres se révélaient. Pourtant les pires encore restaient en repli, attendant leur heure. Et ce malheur répendait ses maladies, ses envoûtements et ses maléfices sur tout le pays, encerclant les forteresses et brûlant les campagnes.
Mais face à cette nuée noire s'éleva un rempart pour l'espoir : l'Ordre du Faucon ! Comme de nouvelles exactions s'accomplissaient en la cité de malzar, un homme-rapace, à la tête ornée d'un plumage brun et de deux yeux d'or, au bec jaune et tranchant, aux bras recouvert de plumes lisses, apparut au plus fort du combat, et de ses serres puissantes trancha les corps désemparés des créatures maléfiques. Les habitants malzarites, admiratifs et respectueux de cet être qui avait terrassé près de quarante servants du chaos, se joignirent à lui. Et il les instruisit tous, leur enseigna l'escrime, le pistage et l'astronomie, et toutes les sciences naturelles. Et ils quittèrent la ville pour un temps, vivant dans les bois et traquant les bêtes corrompues. Et l'on vit souvent des groupes d'hommes vêtus de noir fureter dans les forêts, à l'aurore et au crépuscule. On les appela les rôdeurs, les gardiens des landes ; et souvent des jeunes gens de toute extraction les rallièrent, désirant comme eux protéger les routes. Et bientôt leur compagnie grandit et fut assez forte pour braver les forces de la Nuit. Et sans interruption des groupes isolés sapèrent les communications des armées chaotiques, tuant les messagers, les espions et les éclaireurs. Et le Faucon dirigea à plusieurs reprises des expédition réunissant la totalité de la confrérie, anéantissant plusieurs corps d'armée. Enfin leur guérilla porta ses fruits et les villes formèrent des milices, qui défendirent les derniers bastions libres avec l'énergie du désespoir. Le Chaos recula, l'impossible s'accomplit : le Faucon repoussa les hordes ténébreuses jusque dans leurs cavernes nordiques. Les cités l'accueillirent en héros, et il devint roi des Landes. Il établit alors sa capitale là où il apparut pour la première fois : à Malzar. Puis il envoya des membres de son ordre instruire les milices de leur savoir, et l'Ordre grandit encore, rayonnant sur toute la contrée. Enfin quand l'homme-faucon mourut il laissa un royaume débarrassé du mal, et une société canalisée par ses seconds, qui dès lors portèrent un médaillon à l'effigie d'un Faucon, en l'honneur du restaurateur de la paix.