Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi...
Robert Merle, né en 1908 à Tebessa (Algérie Française).
Une œuvre effrayante de réalisme et aux détails historiques faisant de ce livre un chef d’œuvre à la neutralité parfaite.
Environs quatre cent pages emplies de la vie d'un homme ayant servi le gouvernement nazi avec dévotion (évoluant sans cesse dans la hiérarchie pour finir Colonel SS et Commandant du camp d'Auschwitz, responsable de la mort de trois millions de personnes), sans faire tomber la trame ou les dialogues dans l'idéologique, dans un quelconque pathos pour cette sinistre période ou pour un parti pris. Uniquement l'Histoire.
Comment une personne a-t-elle pu en arriver là ?
On a toujours vu la vision des exterminés et des oppressés, qu'en est-il de celle des oppresseurs ?
Bref, à lire par intérêt ou par devoir de mémoire.
Note: 18/20
Robert Merle, La Mort est mon Métier, chez Folio.
Damned