Merci à vous trois, pour vos critiques.
Désolé pour Skalpel mais je ne fais quasi que des histoires de SM (80% de mes nouvelles impliquent mon chapitre SM perso donc...)

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Siméon.
Chapitre II
?Satanée plage? Pensa Siméon en foulant, pour la millième fois depuis les deux mois qui venaient de s'écouler, le sol de Xélas. Il n'en pouvais plus. Tout les jours, sans exceptions, il venait ici accompagné du sergent Victor pour s'entraîner au combat à l'arme blanche, au tir et à la lutte à main nue. Mille fois il s'était fait mettre à terre, réprimandé, humilié, blessé par son mentor. Mais cela commençait à porter ses fruits.
?Bien' Lança Victor en hochant la tête après avoir paré un coup d'épée ?Continue?. Cela faisait deux longues heures qu'ils se battaient sous un soleil de plomb. Siméon se fendit d'une attaque parfaite et termina par une botte qu'il avait apprise hier. Son instructeur para tout ses coups avec nettement moins de nonchalance et de facilité que lors des premières passe d'armes qu'ils s'étaient échangés. ?Très bien novice. On va peut être arriver à faire quelque chose de toi finalement' Victor souriait. Siméon lui était loin de sourire. Il enrageais d'être ici, sur cette plage à s'entraîner avec des épées pour enfants.
?Vénéré sergent' demanda-t-il ?Puis je vous poser une question ?? Victor lui fit signe de baisser sa garde. Ils s'essayèrent ensemble sur un tronc de palmier mis à terre par les exercices de tir de ce matin. Plantant son épée dans le sable, Victor lui donna la permission de prendre la parole ?Qui a-t-il novice ? ? Siméon pris une profonde respiration. Il savait pertinemment que ce qu'il allait dire risquait de plonger Victor dans une colère folle et lui vaudrait certainement une réprimande physique ainsi qu'une purification morale mais il n'en avait que faire ?Pourquoi me faites vous subir cela ?? Demanda-t-il ?De quoi parle tu ?? répondit l'initié en fronçant les sourcils. ?De tout ceci sergent. Des entraînements journaliers inoffensifs et des nuits de prière alors que parmi tout les novices avec qui j'ai accompli mon initiation, tous sont déjà montés au feu. J'ai appris hier que mon compagnon de chambre Jalius était tombé au champ d'honneur ainsi que son initié, Calleros' Victor ne disait rien. Il se contentait de regarder Siméon dans les yeux. Celui ci continua, entraîné par sa verve. ?Et le novice Symérion, mon rival au camp d'entraînement, s'est déjà illustré en combat rapproché sous l'égide de l'initié Delastrati? Siméon avait haussé la voix ?Vous m'avez dit un jour que je devais devenir un fils de Dorn. Ce n'est certainement pas en combattant avec vous sur une plage perdue que je pourrais servir l'Empereur avec honneur et force?
Victor n'esquissait pas un geste. Son visage était fermé de toute expression. Si ce dernier était en colère ou attristé, il ne le montrait pas le moins du monde. Siméon aurait presque préféré se faire flageller plutôt que d'avoir à affronter le regard de glace du sergent lorsqu'il se tourna vers lui. ?Tu veux savoir pourquoi ?? Fini par dire le space marine ?Reste ici, purifie toi par la prière pour te repentir du sacrilège que tu as commis en outrepassant tes droits et en contestant mes décisions. Je serais de retour dans quelques heures' A ces mots, il se leva et tourna les talons pour se diriger vers le campement ou une navette l'attendait laissant le jeune novice seul sur cette immense plage.
Comme promis il revint dans les trois heures qui suivirent. Siméon avait mis ce temps à profit pour se laver dans l'eau de la mer toute proche, prier l'Empereur Dieu afin d'implorer son pardon pour son impétuosité et se scarifier une étoile de templier sur le bras gauche pour expier ses fautes. Plus jamais il n'oserait regarder son initié en face après la discussion qu'ils avaient eu tout à l'heure. Victor n'avait rien dit mais il avait sentit combien il était déçu par ses paroles. Mais il n'en pouvait plus de savoir que ses amis mourraient, que partout la guerre faisait rage et qu'il passait son temps à faire des passes d'armes dans le sable.
La navette, qui n'était il y a quelques secondes qu'un minuscule point dans le ciel, se posa juste coté de lui dans un bruit de tonnerre. Siméon était toujours à genoux, recueilli dans la prière malgré les bourrasques de vent et de sables qui venaient lui lécher le visage et faire tourbillonner sa robe. La rampe de débarquement s'abaissa doucement émettant le classique chuintement aigu des pneumocompresseurs. Victor débarqua, vêtu de son armure de combat noire couverte de sceaux de pureté. Siméon la connaissait par c'ur tant il l'avait nettoyée et polie. L'aigle pectoral en argent béni, les larges épaulettes blanches noircies de psaumes sacrés, son casque décoré de la croix rouge des templiers de l'Empereur. Derrière lui descendirent deux autres frères initiés. Il ne les avait jamais vu mais les trophées pendant à la ceinture de l'un deux signifiaient qu'il avait déjà traversé maintes batailles. ?Voici les frères Tectus et Marcos avec qui j'ai passé mes rites d'initiation il y a de cela plus de cent ans' Entama Victor ?Ils ont traversés à mes cotés une myriade de bataille et ont vaincu dans le sang des milliers d'ennemis de l'Impérium' Siméon restait à genoux respectueux. Il craignait le pire. Avait il amené avec lui ses deux géants en armure pour participer à son châtiment ?
?Mais ils ne sont pas venus seuls' reprit Victor. A ces mots, deux silhouettes apparurent en haut de la rampe de débarquement de la navette. Descendant à leur tour sur la plage, Siméon fut surpris de retrouver deux des novices présents au camps d'entraînement de Hugis prime. Comme ils avaient changés. Ils semblaient avoir pris vingt an en quelques mois tant leurs visages étaient sévères et austère. Ils portaient tout deux l'armure de novice avec les larges épaulières en matériaux composites et le plastron protecteur. Armés d'un poignard pendant à leurs ceintures ainsi que d'un pistolet bolter rangé dans un holster à la cheville, ils étaient impressionnants et dégageaient une aura de puissance qui était à miles lieux de ce qui émanait de lui dans sa robe de novice blanche et salie par une matinée d'exercices. Tout d'un coup Siméon fut pris d'une poussée de jalousie qu'il réprima immédiatement. La jalousie et la colère envers ses frères est le chemin des faibles et mène à la damnation. Il se devait de rester stoïque malgré la douleur qu'il ressentait devant ses anciens camarades d'implantation devenus de vrais guerriers alors qu'il n'avait même jamais encore enfilé une armure de combat.
?Monte dans la navette Siméon. N'en descends que lorsque tu seras prêt.? Le jeune novice se releva, tête toujours baissée pour se diriger vers la rampe d'embarquement. Il gravit la pente abrupte sans efforts et ses yeux mirent quelques secondes pour s'acclimater à la pénombre régnant dans la soute de la navette lorsqu'il y entra. Celle ci était vide. Jetant un coup d'?il circulaire, son regards se posa sur une silhouette appuyée contre le côté droit de la pièce. Il se rapprocha doucement pour finalement constater qu'il s'agissait d'une armure de combat. Son armure de combat.
Il saisit respectueusement le plastron orné de l'aquila sacré ses pensées passant sans cesse de la joie qu'il allait ressentir en le passant autour de sa taille, à l'affront qu'il avait eu l'audace de faire a son mentor.
Une vingtaine de minutes plus tard, ils descendit cette même rampe qu'il avait gravi plus tôt mais on aurait dit qu'il était lui aussi une personne différente. L'armure renforçait encore sa stature imposante, le pantalon blanc immaculé contrastait à merveille avec le noir de jais du plastron et des épaulières. Ces dernières étaient vierges de toutes écritures et décorations. Seule la croix des templier venait orner son épaule droite. Foulant le sable de ses bottes de métal, il vint se placer devant Victor qui ne le quittait pas des yeux.. ?Tu veux savoir pourquoi ?? lui lança-t-il encore une fois. Siméon hocha la tête. Quelque soit la sentence prévue, il avait déjà été trop loin pour faire marche arrière. ?Tu va vite comprendre?
A ces mots, les trois initiés s'écartèrent, laissant leurs novices face a face au milieu de la plage. Michael fut le premier à dégainer son poignard. Sans mots dire, il se jeta sur Siméon stupéfait qui eut à peine le temps d'esquiver le coup. Le deuxième novice, Jairo, était déjà sur lui. L'arme de ce dernier vint lui morde le bras y marquant une profonde entaille écarlate sur son habit blanc. Pinçant les lèvres de douleur, il dégaina également son long couteau et se plaça en position de défense. Jairo se rua vers lui fendant l'air de son arme. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, Siméon effectua une rotation parfaite et vint frapper son adversaire au niveau de la nuque avec la garde de son poignard. Jairo chuta lourdement à terre soulevant un nuage de sable fin dont les grains virent pétiller désagréablement dans les yeux de Siméon. Il ne vit pas tout de suite Michael lui porter un coup ascendant vers sa poitrine. Le métal s'entrechoqua violemment créant une gerbe d'étincelle qui rappela à Siméon les feux d'artifices qu'ils tiraient parfois sur sa planète natale. Sans s'attarder sur le passé, il tenta un attaque de coté mais Michael para le coup saisissant son poignet de sa main désarmée. Ayant soudainement un avantage non négligeable, le novice Michael, toujours entrain de tenir la main armée de Siméon, tenta de lui donner plusieurs coups de poignards à la poitrine et le bas ventre que Siméon esquiva tant bien que mal malgré le manque de mobilité dont il souffrait.
Les trois initiés regardaient le combat solennellement quelques mètres à l'écart. Aucun d'eux n'avait esquissé le moindre geste lorsqu'il avait failli se faire embrocher et, si il ne focalisait pas sa concentration à nouveau, il finirait comme un poulet un soir de banquet. De sa main encore libre, il agrippa à son tour le membre armée de Michael et s'engagea dans un duel du force avec ce dernier. Siméon poussait de toutes sa puissance tentant de tordre le poignet de son adversaire mais celui ci était de force égale voire supérieure et il n'arrivait pas à le faire plier. Pendant ce temps, Jairo commençait à reprendre conscience et, si celui ci se relevait rapidement, Siméon savait bien qu'il était perdu. Sans hésiter le jeune novice asséna un formidable coup du plat du front en pleins dans la tête de son opposant. Cela ne suffit pas à le faire lâcher prises et il dut s'y reprendre à trois fois pour que Michael desserre son étreinte. Réussissant enfin à se dégager, Siméon effectua un violent balayage qui déséquilibra son opposant. Ce dernier tomba à la renverse en se tenant le visage. Son nez, visiblement fracturé, laissait écouler de grosses gouttes de sang.
Sans prendre le temps de respirer, Siméon se précipita sur Jairo qui venait à peine de se relever. Courant vers lui et arrivant à quelques mètres de sa position, il prit appuis sur sa jambe gauche et effectua un grand saut, son genou porté en avant, droit vers la poitrine de son ennemi. Le choc fut extrêmement violent et le craquement mat qui précéda le sourd impact de la genouillère de Siméon contre le plastron de Jairo signifiait sans aucun doute que la mince protection offerte par le bras de ce dernier venait de se briser. Le novice s'écroula à nouveau au sol et, décidé à ne lui offrir aucun répit, Siméon l'accompagna dans sa chute et lui décocha une série de coups de poings en pleine face. Si son adversaire avait été un Xénos quelconque, celui ci aurait déjà eu la gorge tranchée dans un flot de sang. Mais il s'agissait d'un frère d'arme, il se contenta donc de le laisser inanimé dans le sable se refroidissant peu a peu après les assauts des brûlants rayons solaires de ce midi.
Puis se fut son tour de s'écrouler à terre. Frappé à la nuque par Michael, il s'affaissa au sol juste à coté du corps immobile de Jairo. Dans un éclair de lucidité, il eu la présence d'esprit de rouler sur le coté évitant de ce fait le coup plongeant de la dague du novice qui ne zébra que le sable étoilé de coquillages. Siméon était exténué. Les nombreux coups qu'il avait reçu devaient lui avoir brisé plusieurs cotes car sa respiration était de plus en pus ardue et les tâches qui dansaient dans ses yeux n'arrangeaient en rien la situation. S'aidant de ses pieds, il recula de plusieurs mètres, toujours affalé dans le sable et évita ainsi une deuxième série de coups de couteau qui lui aurait certainement tailladés les jambes s'il ne s'était pas montré plus rapide. D'un rapide mouvement du bassin, il se releva tout en réprimant une envie de vomir et fit à nouveau face à Michael. Ce dernier souriait malgré son nez et sa bouche couverts de sang et n'hésita pas un instant avant de se jeter à nouveau sur lui. Mais Siméon s'était préparé à cet assaut.
D'un geste rapide, il libéra le sable qu'il tenait dans ses mains créant une tempête aveuglante dans laquelle Michael s'engouffra les yeux grands ouverts. Dans le même élan, se penchant pour ramasser son arme, il se rua sur son adversaire pour le heurter d'un coup d'épaule qui le fit basculer en arrière. Ne lui laissant aucun répit, il continua à l'assaillir de coups de poings et de pieds que Michael, les yeux en pleurs et visiblement aveuglé par les fins grains de sables parait du mieux qu'il pouvait. Il fit ainsi reculer son ennemi de plusieurs dizaines de mètres, arrivant sur le sable durci par le relent des vagues salées de l'unique océan de Xélas.
Là, Siméon stoppa ses attaques ?Essuie toi le visage frère. Je veux te faire mordre la poussière loyalement' Michael souriait toujours. Il se frotta les yeux frénétiquement et épousseta son armure ?Me faire mordre la poussière ?? Dit il agressivement ?Je pense que c'est plutôt toi que je vais réduire en poussière?
Le deux hommes se tenaient face à face dans la lumière rougeoyante d'un soleil maintenant sur le déclin. Cette fois ci, Siméon fut le premier à s'élancer. Epée au clair, il vint frapper l'épaulière de Michael qui ne pu parer son coup assez rapidement. Une onde de douleur remonta son bras lorsque le tranchant de la lame vint heurter le plastacier sans provoquer le moindre dégâts sur la solide armure. Le choc se propagea jusqu'à sa cage thoracique et Siméon grimaça de douleur. Profitant de cette faiblesse, Michael se pencha et fit décrire un arc circulaire à son arme pour venir blesser Siméon au niveau de sa cuisse. Le poignard n'eu aucun mal à se frayer un chemin à travers le tissus et la chair, rentrant profondément dans la jambe du novice qui ne su pas réprimer un cri de douleur. Une lueur folle dansait dans les yeux de Michael et Siméon comprit qu'il fallait absolument mettre un terme à ce combat sinon il risquait bien de finir baignant dans son propre sang.
Michael attaqua à nouveau tentant de toucher son autre jambe mais Siméon parvint à éviter le mordant de la lame en levant le pied pour le faire retomber sur la garde de l'arme et la clouer au sol. L'expression d'étonnement sur le visage de Michael fut vite remplacer par un faciès grimaçant de douleurs lorsque la botte de Siméon vint écraser ses doigts et qu'il fut forcé de lâcher son poignard pour éviter de se faire broyer la main. Lui décochant un puissant coup de poing dans la mâchoire, Siméon continuait de maintenir la main de Michael au sol, broyant plusieurs de ses phalanges. Il fini par libérer la pression pour permettre à son adversaire désarmé de se relever. Lentement, il s'accroupit pour ramasser l'arme encore souillée de son sang qui gisait à terre et la jeta au loin. Il fit ensuite de même avec sa propre dague, les yeux fixés sur le regard de Michael. Il se rapprochèrent lentement en position de combat.
Cherchant l'ouverture qui lui permettrait de mettre son adversaire au tapis, Siméon se sentait de plus en plus faible. Le sang continuait de s'écouler de sa cuisse et de son bras et la sueur qui lui mouillait la tunique laissant entendre qu'une forte fièvre était entrain de le gagner. Michael n'étais pas dans un meilleur état que lui, le flot de liquide rouge foncé s'écoulant sur son visage le faisait ressembler à une créature de cauchemars et son attitude trahissait le fait qu'il souffrait également. ?Maintenant' Réalisa Siméon et dans un éclair et il fondit sur son adversaire. Son poing serré vint une nouvelle fois heurter le visage de Michael qui recula en chancelant. Une autre frappe sur sa tempe le fit basculer en arrière et il manqua de s'écrouler à terre. Siméon continuait sont avancée, déterminé à ne laisser aucun répit au frère d'arme qui était aujourd'hui son pire ennemi. D'un coup de pied au ventre, il repoussa le novice jusqu'à ce que l'écume de l'océan vint lécher ses bottes. Ils étaient à présent tout deux avec de l'eau jusqu'aux chevilles. Michael avait tenté tant bien que mal d'asséner plusieurs coups de poings à Siméon mais ce dernier ne lui avait pas laissé une seule chance. ?Le combat est déjà terminé? Pensa-t-il avant d'asséner de son talon un coup précis sur le genoux de Michael. La rotule de ce dernier explosa comme un fruit trop mur que l'on jette à terre et il s'écroula dans l'eau encore tiède sans un cri. Siméon se plaça derrière lui pour le prendre par les cheveux. Maintenant sa tête sous l'eau, il posa son genoux sur sa colonne vertébrale et appuya du plus fort qu'il pu. Les bulles d'eau remontant à la surface et les soubresauts qui agitèrent le corps de son adversaire lui firent comprendre que celui ci était finalement hors de combat.
Siméon se redressa. Il avait gagné. Malgré sa faiblesse, il prit Michael par les épaules pour le traîner vers la berge ou l'attendaient le sergent Victor et le frère Marcos. Leurs visages sévère ne trahirent aucune émotion lorsqu'il relâcha son étreinte sur le corps de Michael qui glissa à terre dans un bruit mat. Marcos se saisit alors de son novice pour le hisser sur son épaule. Sans un mot il tourna les talons et commença à s'éloigner. ?L'ais je tué ?? S'enquit Siméon dont l'adrénaline quittait peu a peu son corps pour le plonger dans une douleur intense. Personne ne lui répondit.
Il se laissa tomber au sol, ses jambes n'arrivant plus à le porter mais la poigne de fer du sergent Victor le remit sur pied. Sans un mot, il se regardèrent dans les yeux.
?Tu tenais tant à savoir novice Siméon ? Maintenant tu sais pourquoi?