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Full Version: H'lyta
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Once upon a time
Voici un ch'tit texte de remise en jambe:

H?Lyta

Asgaar s'agenouilla auprès du cadavre de son ennemi.

Il regarda un long moment la silhouette étendue dans la neige, considérant chaque ornement de l'armure énergétique, les modifications hérétiques de l'antique MK6 troublaient ses yeux et son esprit : d'étranges circonvolutions de matières corporelles et de métal s'y jouaient des formes connues, l'emblême du Chapitre était distordu par des piques osseux, et ce qui fut un jour humain était maintenant scellé dans son sarcophage d'adamantium.

Le Traître avait payé de sa vie ses dettes au Chapitre.

Le Déchu s'était bien battu.

Tout autour d'eux le plateau de H?Lyta n'était qu'une désolation sans fin, l'horizon disparu dans les nuées blanches donnait à Asgaar l'impression d'une plaine suspendue dans l'espace et le temps, un paysage d'apocalypse creusé par l'artillerie, terres soulevées par les infatigables roulements des batteries impériales, les corps emmêlés et déchiquetés reposaient sur les rebords des cratères, la neige boueuse avait gagné les teintes du massacre.

Le trente-deuxième millénaire s'ouvrait sur l'horreur statufiée d'un hiver oublié.

Asgaar releva la tête et observa la citadelle où s'étaient retranchés les Déchus et leurs serviteurs.

La construction autrefois si majestueuse s'était écroulée à bon nombre d'endroits, et les tours affaissées ne rendaient pas justice à l'image qu'il en avait gardée.

Pas plus que les statues démoniaques et les flèches idolâtres qu'il discernait.

Pas plus que ses chapelles détruites qui avaient abritées des cultes honnis et des autels sacrilèges.

Il posa une main sur le torse de son frère, murmura une courte prière, recommanda son âme à l'Empereur et se releva.

Une colonne de chars endommagés à sa gauche, quelques escouades de la Garde Impériale, une poignée de Dark Angels' voilà tout ce qui restait de cette bataille où s'étaient engagées des compagnies entières, des régiments entiers, des divisions complètes'

Pas un seul prisonnier.

Pas un seul Renégat ne s'était rendu.

Asgaar ne goûtait pas à la victoire.

Quelques flocons de neige se mirent à tomber, tout doucement, en suspension dans l'air immobile, et le silence oppressant qui suivait cette lutte violente accueillait les milliers de morts dans leur postérité héroïque.

Il ne connaissait pas la haine.

Il ne connaissait pas la ranc'ur que ses frères se vouaient les uns aux autres.

Il ne connaissait pas la honte, car il savait toute sa valeur.

Asgaar était fier d'être un Dark Angel.

H?Lyta clôturait pour lui la lutte insensée qu'il menait pour son Chapitre contre ses frères désavoués.

Il le savait.

Il l'espérait.

Asgaar agonisait.

H?Lyta deviendrait sa dernière image du monde réel, l'instantané brutal et extrême de siècles de combats, un condensé de sa propre vie, de l'heure maudite de l'Hérésie à ce final morbide et odieux du fratricide.

Un frère s'approchait de lui, doucement, tout doucement, enjambant les cadavres amis comme ennemi avec respect.

Asgaar ne le reconnaissait pas.

Le Space Marine ôta son casque, le mit sous son bras.

« Ce visage? ce visage? »

Asgaar laissa les larmes couler sur ses joues, entre la peau et le métal de son masque à gaz.

Il n'avait pas mal.

Il n'avait plus mal.

Ses doigts se recroquevillaient, crispés par la mort qui le dévorait lentement, le froid aussi, le froid irréel de la fin qui venait de sa blessure au ventre.

Ses jambes voulaient se dérober sous lui, mais il tenait, par la seule force de sa volonté.

Il lui fallait se tenir droit, il lui fallait faire honneur à son statut.

« Toi? »

Il ne voyait que les pommettes nobles du Space Marine, et les yeux glaçants de pureté.

Malgré ses efforts un flot de sang remonta de ses intestins déchirés.

« Tu es un homme sage, Asgaar »

« Cette voix?Pourquoi ! »

Cette question il se l'était souvent posé, mais jamais il n'avait trouvé de réponse.

Il écouta, stupéfait, son Primarque la lui donner, là, dans l'entre deux mondes glacé de H?Lyta.

A l'orée de la mort il écouta chaque mot, terrifié par le sens que prenait ces paroles, terrifié pour ses frères, pour tous ses frères.

Il entrevoyait dans ses propres erreurs l'avenir forgé par l'incompréhension mutuelle.

« Il n'est nul destin, Asgaar? et ce choix fut le seul dont je tire encore fierté et honneur. »

Il s'effondra au côté de son frère.

Son corps ravagé fut pris de spasmes, mais son âme traversait déjà les contrées qui vont des siècles futurs aux songes de l'Empereur.

Le Medic enleva le casque de son frère, dévoilant le visage crispé par l'horreur de cet illustre héros.

Il n'osa d'abord pas prendre les glandes du mort, attendant que les nerfs cessent leurs mouvements hiératiques.

Il referma d'un geste les paupières de ces yeux aveugles.

Puis il découpa la chair, murmurant les immuables sacrements qui devaient leur rendre le repos, souleva la peau du cou, découpa sous la mâchoire les filaments qui liaient les précieuses glandes du premier-né au système nerveux et aux centres hormonaux secondaires, les enleva et les rangea précieusement dans le réservoir qui pendait à sa ceinture.

Il reposa la peau sur les chairs à vif, se releva et repartit à la recherche des corps de ses frères.

Il laissait derrière lui le cadavre d'Asgaar, au côté duquel reposait le Déchu, couple maudit sur leur lit de boue et de neige.

Indifférent au dilemme et au choix de leur Primarque qui les poursuivaient dans leur mort.

La tempête se leva enfin sur le plateau, la neige déposait son épais linceul, le vent hurlait enfin chassant par son seul hurlement les ombres et les odeurs de gaz et de mort.

La citadelle retentit un court instant de claquements de bolters alors que le dernier Déchu tombait dans une coursive sous le feu de ses frères.

S'approchait déjà de lui une ombre bienveillante?

H?Lyta résonna d'un long cri d'agonie où perçait les accents d'une délivrance attendue depuis des siècles.
Huron sombrecoeur
Le récit, et tout d'abord flou, sur la trame (on ne sais pas ou tu veux en venir), cela doit venir de la facon de la personne choisi pour raconter l'histoire.

On ne se doute pas que c'est ces derniers instant ce n'est que vers la fin qu'on comprend. tu parle de choses fluff tout en restant assez mysterieux, tu donne des détails sans trop les expliquer et c'est cela que j'aime. la syntaxe , l'aération,, tout ceal et assez bien foutu, ya rien à redire...
Lucius
Idem, exactement le meme style que ton texte sur l'Heresie d'Horus, ca donne vraiment une vision plus morale ou psychologique (en fait c'est dur a definir) de cette tragedie qu'est la trahison etc...
vraiment j'adore ce genre de texte !

tcho et merci pour cette lecture .


Lucius- pauvres Dark Angels...
Damned
Comme d'habitude en ce qui te concerne, ca reste plus que yabon...
On a toujours ce sentiment de rentrer rapidement dans le récit, que cette histoire nous est destiné depuis le début.

Introspection, Fluff, style tout y est, pas besoin d'hésiter lors des lectures on sait que les récits attachés à ton pseudo seront une mine d'étonnement et de bonheur pour tout les amateurs du genre.

AarGg... J'ai même pas de quoi pinailler...

Bien à toi mon Ouat,

Damned
Gyaume83
Du grand art, c'est très beau, très bien décris, très bien écris, juste assez pour qu'on voie bien ce qui se passe mais pas trop pour laisser l'imagination imaginer. Vraiment, c'est un moment de bonheur, "coupé du temps et de l'espace" comme tu dis si bien.

Guillaume
Evandree
- Alors mesdames et messieurs. Je ne vous vends pas un produit miracle que tout charlatant peut vous vendre. Du tout. Je vous vends une façon d'écrire tout bonnement au dessus de la moyenne qui fera de vous non pas un écrivain divin mais un écrivain émérite.
- On peut voir ce que cela donne.
- Mais oui regarder cette personne. Regarder son style d'écriture. Et bien Once de son speudo que vous connaissez tous a utilisé ma méthode.
- Ah ?
- Mais bien sûr. D'ailleurs vous pouvez juger sur pièce.
- Mais quelle est t'elle ?
- Une pratique régulière du jeu VOID ;-)
(On se refait pas)
geoff1908
Très bon ce texte ! Rien à dire !
J'aime la façon avec laquelle tu nous fais savoir que le héro est en train de mourir. On ne peut pas s'en douter, puisqu'il est "heureux" de ce qu'il s'est passé, et c'est ça qui surprend.
Ca reste parfaitement fluffique (le Medic venant récupérer les glandes très vite) c'est très joliement écrit, pas d'erreur d'orthographe relevée au cours de la lecture, bref, j'ai passé un bon moment.

Geoff, qui a rangé ses cahiers de cours et qui a bien fait.
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