Once upon a time
14/02/05 , 23:36
Imperium Infernale :
Nul homme n'ose poser les yeux sur moi.
Nul homme n'ose proférer mon nom. Nul homme ne mesure mon sacrifice.
Nul homme ne connaît mes doutes. Nul homme ne comprend la portée de mes actes. Nul homme ne peut admettre ce que je suis.
Nul homme ne peut apprendre ce que je sais. Nul homme ne peut se souvenir de ce qui me hante. Nul homme ne peut formuler la moindre de mes pensées. Nul homme ne peut qualifier ce que je subis.
Nul homme ne peut espérer mon état. Nul homme ne peut concevoir mon pouvoir. Nul homme ne soutient mon regard. Nul homme ne respire l'air que j'expire.
Nul homme ne goûte à ma nourriture. Nul homme ne touche aux univers qui m'entourent. Nul homme ne vit ce que je vis.
Nul homme ne vivra autant que j'ai vécu. Nul homme n'a connu ce que j'ai connu.
Nul homme?
Nul homme?
A demi conscient, dans le faux sommeil du Commandeur, je reste la proie de l'insatiable soif de survie de cet homme inconnu.
De cet homme qui jamais ne prendra ma relève, qui jamais n'endossera mon fardeau, qui, jamais, n'admettra la funeste faculté des évènements à tracer l'écho de sa chute?
L'homme?
Celui qui n'est jamais venu!
Que ne lui ai-je déjà offert'
Mais cela ne lui est jamais assez?
Si seulement je pouvais entrevoir la délivrance, la fin de ce sarcasme morbide et dévot qui m'enserre dans une tombe grotesque, symbole de cultes misérables, cultes doloristes en peine?
Devenu rouage d'une machine monstrueuse, perclus dans sa chasse d'acier et de sang : moi ?
Ombre abjecte jetant sur l'univers tout entier la lumière de mon agonie : éternel, le croit on, flambeau solitaire?
Le point de jonction de toutes les peurs, le foyer fébrile relayé par des millions d'esprits avilis, brasier nourrit par la mort de millions de créatures châtiées d'être nées.
Et ces tubes qui me percent la chair, pulsant de liquide primordial, de toutes ses vies sacrifiées, réceptacle infirme de l'abandon'
Et ces âmes qui viennent à moi, trouvant dans ma pauvre carcasse l'angélique bienfaisance que l'on me prête, spectres dévorés malgré moi dans la fuite éperdue de l'humanité.
Et ces guerres édifiantes menées en mon nom pour je ne sais quel suspect pouvoir, pour je ne sais quelle puissance, pour une poignée de terre que l'on s'empressera de souiller à nouveau?
Terra? ma chère Terra?
Que ne donnerai je pas pour embrasser une fois encore ton sol aimé?
Comme en ces temps oubliés où je revenais à toi après mes conquêtes, ou quand je ramenai l'un de mes fils à ton sein chaleureux, quand je bâtissais cet empire de folie, quand, encore, des idéaux faisaient frissonner la peau et l'âme des hommes'
Ton sol sacré.
Ton sol aujourd'hui rongé par le cancer de l'Imperium, par ces galeries sans fin où s'entassent les écrits de ses propres faits, par ces nécropoles où l'on entasse cadavres sur cadavres les agneaux sacrifiés, où ma gloire statufiée emplie des halls encensés où personne ne va plus se recueillir, les gigantesques chambres où sont amassées les banques génétiques des enfants de mes enfants'
Ton sol scarifié par les soulèvements absurdes de ce qu'ils nomment l'Hérésie, cette lutte impitoyable de l'humanité? du père et du fils' tout simplement' quel Caïn ne s'est pas dressé contre Abel' et qui, au fond, fut l'un ou l'autre.
Et cet Imperium' lui qui devait être l'ultime forme de civilisation, devenu la pitoyable arène où tous les pouvoirs s'affrontent dans l'auto destruction permanente? L'anarchie.
C'est donc au berceau de l'humanité que je suis revenu mourir et ne jamais cesser de mourir.
En toi, Terra? seule à mesurer mon sacrifice, connaître mes doutes, comprendre la portée de mes actes, admettre ce que je suis, apprendre ce que je sais, te souvenir de ce qui me hante, à concevoir mon pouvoir, à soutenir mon regard, à respirer l'air que j'expire, à goûter à ma nourriture, à toucher aux univers qui m'entourent, à vivre ce que je vis, à avoir vécu ce que j'ai vécu et connu ce que j'ai connu?
Terra?
Là où tout fut et où tout finit.
Même cet homme qui jamais n'est venu.
Cet homme improbable?
Cet homme, ce moi qui s'est enfuit'
Huron sombrecoeur
15/02/05 , 2:19
Bon d'emblée ton récit me fait penser a l'empereur (je sais pas mais rien que les premieres lignes m'y on fait penser).
C'est toujours tres bien écrit, rien à reprocher et de plus j'ai la sensation que tu a fait une répétition entre les:
QUOTE
Nul homme n'a connu ce que j'ai connu.
et
QUOTE
à vivre ce que je vis, à avoir vécu ce que j'ai vécu et connu ce que j'ai connu
que c'est voulu sur la fin pour justment accentuer ce passage^^(mais peut etre que je me trompe).
Enfin il y a une impression de... mmm... d'immensité de l'homme dans ton récit et c'est assez marquant.
En tout cas il a l'air assez tourmenté...
ce fut une bonne lecture
Salut,
Evidement tres bonne lecture, mais par contre moi j'ai penser a L'Empereur tout le long du recit, enfin je ne sais pas il y a peut etre quelque chose que j'ai rater mais bon, les fils de mes fils les tubes qui percent ma chair etc...
Moi qui m'interresse particulierement a ca j'ai vraiment adorer ce texte !
grand merci pour cette lecture.
tcho
Lucius- pourquoi il n'y a pas des trucs comme ca sur le livre de regle...
Once upon a time
15/02/05 , 10:31
Oui c'est bien de l'Empereur qu'il s'agit (d'où le titre, enfin celui de ce seul texte)
Une sorte de rêverie un brin abominable, un moment dans sa vie, après l'Hérésie, mais quand'
Les répétitions je les ai mises pour accentuer le côté "tourne en rond" de ses pensées, comme un phare, où rien n'est rattaché à l'existence elle même, sinon des détails qui ne sont pas des plus joyeux... les psykers sacrifiés pour qu'il vive, les instruments et machines de l'Adeptus Mechanicus, le trône d'or vu d'en haut et pas d'en bas, tout de suite moins "somptueux" et sa connaissance universelle.
Sa quête de l'Humain, et son désespoir.
Il se souvient parce qu'au fond sa condition actuelle ne lui permet pas de tenir psychologiquement, à mes yeux c'est le demi-dieu absolu, mais demi-homme donc.
Once, content que ça vous plaise!
PS: ce récit sert à situer dans le temps ce qui va suivre, et à montrer le traumatisme de l'Hérésie d'Horus.
J'ai ma petite idée, Lucius, du pourquoi on ne trouve pas ce genre de texte dans les Grobouquins et Codex, c'est que ça ferait peur à des gamins... et les gamins chez GW, ma foi, c'est un peu la cible...
Gyaume83
15/02/05 , 11:03
QUOTE
Sa quête de l'Humain, et son désespoir
Où il découvre ce que l'homme est devenu, un aspect génialement développé tout au long du texte.
Vraiment, tes récits me surprennent. C'est écrit avec un soin cérémonial,, c'est clair, c'est bien, c'est très bien.
Guillaume - Sans voix.
QUOTE
J'ai ma petite idee, Lucius, du pourquoi on ne trouve pas ce genre de texte dans les Grobouquins et Codex, c'est que ca ferait peur a des gamins... et les gamins chez GW, ma foi, c'est un peu la cible...
ba degagez les marmots ! allez jouer aux powers rangers et laissez moi lire des textes atroces ! au 41ieme millenaire ya pas de places pour les teletubies addicted ... nan mais.. et lachez moi vous je retournerais pas dans ma cellule !
oui en fait ca doit etre ca,
Je tiens a dire que c'est vraiment la vision de l'Empereur qui me plait, je sais pas si tu as bosser ca longtemps mais je suis impressioner par la qualite d'ecriture, on reconnait bien tout les details fluffiques et en effet on a vraiment l'impression de baigner dans ses pensees tourmentee avec la repetition, on sens bien aussi que son esprit se fragmente quand il parle de cet "homme" (mon precieux..) et puis il y a aussi les expressions presques sarcastiques des hommes qui ne comprennent pas et qui son aveugles avec les "tombe grotesque" et "cultes miserables", et encore une fois le "nul homme" repeter exprime sa frustration..
C'est vrai que pour quelqu'un qui a passer toute sa vie (et pas des plus courte) a oeuvrer a l'ascension materielle et spirituelle de l'humanite, se retrouver enfermer sous terre pendant 10 000 ans dans une machine divinisee car trop compliquer pour etre comprise et au milieu du royaume qu'il a bati qui tombe en ruine... il a droit d'etre frustrer le mec !
bon, encore une fois bravo
tcho
Lucius- j'insiste, et si ca lui gratte les tuyaux ? il fait comment le pauvre homme ?
non ... non ! mais lachez moi enfin !