Voici ce que dit le site Herodote, de ce Film: 
Ridley Scott a choisi de retracer la période la plus cruciale des croisades, celle qui a vu Jérusalem retomber aux mains des musulmans après 88 ans de domination chrétienne.
Nous sommes dans les années 1180. En Occident, les hommes voient leur sort rapidement s'améliorer (contrairement à ce qui est dit dans le film). La paix et la prospérité vont de pair avec l'expansion de l'art gothique.
En Orient, voilà plus de 80 ans que Jérusalem a été enlevée aux Turcs par quelques milliers de guerriers francs venus de toute l'Europe occidentale.
Les croisés s'étaient donné pour objectif de délivrer le tombeau du Christ mais aussi de sauver l'empire romain d'Orient et sa capitale Byzance, menacés par l'irruption des Turcs.
Ayant atteint leur objectif, beaucoup sont restés sur place. Ils ont établi en Palestine et en Syrie le système féodal, avec de puissantes baronnies et un royaume de Jérusalem.
Au fil des années, ces croisés se sont assimilés à la population locale, en épousant des filles arméniennes, grecques ou syriaques, et en donnant naissance à des enfants de culture mixte appelés «poulains».
Un flux permanent de pèlerins en armes, venus d'Occident par terre et par mer, les aide à défendre leurs territoires contre les musulmans.
Les nouveaux arrivants, impatients d'en découdre avec les infidèles, ne cachent pas leur mépris pour les croisés de Palestine et les «poulains». Ils ne comprennent pas leurs rapports souvent cordiaux avec les voisins turcs ou arabes.
Il est vrai que les États francs de Palestine, coincés entre l'Égypte et la Syrie musulmanes, sont obligés de ménager l'une et l'autre. En évitant les provocations inutiles et par un jeu subtil d'alliances, le roi de Jérusalem fait en sorte d'empêcher leur union.
Malheureusement, cette union tant redoutée survient en 1174 sous l'égide d'un chef providentiel, le kurde Saladin (37 ans), en partie à cause de la mésentente entre les croisés.
La même année, le roi de Jérusalem meurt et c'est son fils qui hérite du trône sous le nom de Baudouin IV. Il est beau, pieux et courageux. Mais il n'a que 13 ans et l'on va découvrir bientôt qu'il est atteint de la lèpre.
Le jeune homme préserve le royaume avec courage et grandeur d'âme, se faisant porter au besoin sur le champ de bataille en litière. A plusieurs reprises, la vue de celle-ci suffit à mettre en déroute l'ennemi.
Le Roi lépreux entretient des rapports d'estime avec son ennemi Saladin, comme lui empreint de sentiments chevaleresques.
Il poursuit la sage politique de son père avec le concours de son conseiller, Raimon III de Tripoli, seigneur de Tibériade (celui-ci est appelé Tiberias dans le film de Ridley Scott, d'après le nom anglais de Tibériade).
En prévision de la mort prochaine du roi, on cherche à remarier sa soeur Sibylle, jeune veuve mère d'un nourrisson, appelée à succéder à son frère sur le trône.
Émancipée comme le sont les princesses et les reines de cette époque, à l'image d'Aliénor d'Aquitaine, Sibylle choisit sur un coup de tête d'épouser un cadet sans fortune fraîchement débarqué du Poitou.
Il a nom Gui (ou Guy) de Lusignan et son seul atout est d'être le plus beau chevalier de son temps. Faible de caractère et lâche par ailleurs.
Quand le 16 mars 1185, le malheureux et digne Baudouin IV rend enfin son âme à Dieu, Raimon de Tripoli et les barons du royaume tentent d'empêcher Gui de Lusignan de monter sur le trône.
Mais ils sont bernés par ce dernier, qui bénéficie de la complicité intéressée de trois brigands de haut vol :
? Héraclius, patriarche ou évêque de Jérusalem ; fornicateur, cupide, viveur et lâche, indigne représentant de l'Église,
? Gérard de Ridefort, grand-maître de l'Ordre des Templiers, conspirateur qui poursuit d'une haine insatiable Raimon III de Tripoli et n'hésitera pas à trahir son camp pour lui nuire,
? Renaud de Châtillon, prince d'Antioche ; comme Lusignan, ce cadet doit sa bonne fortune à l'héritière de la principauté qui l'a épousé en raison de sa prestance et malgré les tares de son caractère.
Avide de pillages, Châtillon enfreint régulièrement les trêves conclues entre Francs et Turcs pour lancer des razzias en terre musulmane. Il lui est même arrivé de lancer une expédition en direction de La Mecque.
Renaud ayant une nouvelle fois attaqué une caravane, Saladin demande réparation à Lusignan, lequel refuse. C'est la guerre générale.
Saladin se met en marche avec toute son armée en mai 1187. Une dernière tentative de conciliation menée par Raimon III de Tripoli échoue du fait des Templiers.
150 de ceux-ci, menés par Gérard de Ridefort, attaquent une colonne pacifique de quelques milliers de soldats musulmans. Tous les Templiers sont tués à l'exception de trois... dont, hélas, Ridefort.
Saladin met alors le siège devant la ville de Tibériade, sur les bords du lac du même nom.
Parmi les assiégeants figurent la femme et les enfants de Raimon III de Tripoli.
Ce dernier, par devoir, rejoint Lusignan et le supplie de ne pas tenter de sauver la ville. La route jusqu'à Tibériade est désertique, sans point d'eau, et l'armée des croisés serait anéantie avant d'atteindre le lac...
Lusignan se rallie à son avis... l'espace de quelques heures. La nuit venue, Gérard de Ridefort convainc le roi de se mettre en route malgré tout. On sonne le rassemblement. Bien que conscients de la folie de cette marche, les croisés se résignent.
Après une journée de marche en plein soleil, l'armée fait halte sur la colline de Hattîn, au-dessus des rives rafraichissantes du lac, interdites d'accès par Saladin. Le lendemain matin, 3 juillet 1187, la colline se trouve encerclée par les musulmans.
C'est le massacre. Presque toute la chevalerie franque perd la vie. Raimon III parvient toutefois à s'enfuir avec quelques chevaliers.
Le sultan s'empare de la relique de la Vraie Croix, une relique qui accompagnait les Francs sur tous les champs de bataille.
Il se comporte vis-à-vis des prisonniers avec une magnanimité relative, faisant seulement exécuter les 300 moines-soldats du Temple et de l'ordre des Hospitaliers...
Il épargne provisoirement le grand-maître Gérard de Ridefort. Celui-ci est conduit sous la tente du sultan avec deux autres prisonniers de marque, le roi lui-même et Renaud de Châtillon.
Le sultan tend une coupe remplie de sorbet à la glace à Lusignan, signifiant par ce geste d'hospitalité qu'il ne saurait tuer un roi, aussi indigne qu'il soit. Lusignan tend la coupe à son voisin, Renaud de Châtillon.
Colère de Saladin qui n'entend pas étendre son hospitalité au brigand. Le sultan tire son épée et brise l'épaule du prince d'Antioche. Des soldats entraînent le prisonnier hors de la tente et le décapitent.
Là-dessus, le sultan gagne la côte avec son armée en vue de s'emparer des ports et de prévenir le débarquement d'une nouvelle croisade. Il échoue devant Tyr, sauvée par l'arrivée providentielle d'un croisé énergique, Conrad de Montferrat.
Le 20 septembre 1187, l'armée musulmane se présente devant les murailles de la Ville sainte...
Le siège de Jerusalem
La ville, à la surprise du sultan, s'est mise en état de défense, cela grâce à un chevalier qui faisait partie des prisonniers d'Hattîn.
Ce chevalier est l'un des principaux barons palestiniens. Il s'appelle Balian d'Ibelin, du nom d'une localité du sud de la Palestine.
Balian est le type même du «courtois chevalier» si l'on en croit l'historien René Grousset.
Il a épousé en secondes noces Marie Comnène, petite-nièce de l'empereur byzantin Manuel Comnène. C'est la deuxième épouse du roi de Jérusalem Amaury 1er et la belle-mère de Baudouin IV le Lépreux et Sibylle de Lusignan.
Comme beaucoup d'autres croisés de Palestine, Balian d'Ibelin nourrit des rapports courtois avec les musulmans, de sorte qu'il obtient de Saladin, après sa capture, le droit de rejoindre Jérusalem pour protéger sa femme.
En arrivant dans la Ville sainte, le baron est ému par la détresse de la population, grossie par les réfugiés des campagnes environnantes. Les malheureux craignent d'être massacrés ou au mieux réduits en esclavage par les vainqueurs de Hattîn.
Il prend en main la défense de la ville. Comme il manque de chevaliers et de guerriers professionnels, il adoube collectivement tous les hommes en état de se battre, autrement dit leur confère la qualité de chevalier avec les obligations qui s'y rattachent !
Pour prendre la ville, Saladin va devoir mettre en branle une douzaine de machines de siège. Ses sapeurs arrivent à percer une brèche dans la muraille.
Le patriarche Héraclius, dont la lâcheté le dispute à la cupidité, dissuade les assiégés de tenter une sortie. Balian sollicite alors une entrevue avec Saladin.
Ce dernier, irrité par la résistance des Francs, exige une reddition à merci et menace : «Je ne me conduirai pas envers vous autrement que vos pères envers les nôtres, qui ont tous été massacrés ou réduits en esclavage !»
A quoi Balian répond : «En ce cas, nous égorgerons nos fils et nos femmes, nous mettrons le feu à la ville, nous renverserons le Temple et tous ces sanctuaires qui sont aussi vos sanctuaires. Nous massacrerons les cinq mille captifs musulmans que nous détenons, puis nous sortirons en masse et aucun de nous ne succombera sans avoir abattu l'un des vôtres !»
Saladin, interloqué, accorde la possibilité aux chrétiens de se racheter à raison de dix besants pour les hommes, cinq pour les femmes, un pour les enfants.
Balian d'Ibelin prend alors le sultan par les sentiments et lui demande de fixer aussi un prix forfaitaire pour les pauvres.
Marché conclu à ce détail près que le grand-maître des Hospitaliers, sur qui l'on compte pour payer la rançon des pauvres, n'accepte de payer que pour 7.000 personnes, en condamnant 11.000 à 16.000 autres à l'esclavage !
Les cohortes de réfugiés sont conduites sous la protection des soldats de Saladin vers les ports de Tyr et de Tripoli, encore aux mains des croisés. Le patriarche Héraclius eut soin d'emporter avec lui tous les objets précieux des églises.
Entré le 3 octobre dans la Ville sainte, Saladin fait aussitôt abattre la croix dorée érigée 88 ans plus tôt au sommet du dôme de la mosquée d'Omar.
Puis il se rend sur la côte. Poussant l'ignominie à son comble, ses prisonniers Gui de Lusignan et Gérard de Ridefort ont le front d'exhorter les défenseurs des ports à se rendre.
Lusignan obtient bien plus tard le royaume de Chypre, enlevé aux Byzantins par Richard Coeur de Lion ! Sa dynastie va régner sur l'île jusqu'en 1489. Ridefort reçoit quant à lui la juste récompense de ses forfaits. Il es torturé et exécuté dans sa cellule sur ordre de Saladin.
Ainsi prend fin la grande entreprise inaugurée par le pape Urbain II. Pendant un siècle encore, les chrétiens d'Occident vont tenter de reprendre Jérusalem mais sans vigueur ni succès.
Cela dit, il est bon de noter qu'il faut toujours prendre un peut de recul à propos des informations qu'ont exposes en vérité générale :QUOTE
Les croisés s'étaient donné pour objectif de délivrer le tombeau du Christ mais aussi de sauver l'empire romain d'Orient et sa capitale Byzance, menacés par l'irruption des Turcs.
Il faut ajouter que le but de sauver les byzantins ne fut que dans l'esprit d'Urbain II, pas chez les barons ou les simples pèlerins. Il ne s'agit pas de généraliser hâtivement, les barons occidentaux et leurs hommes ne tenaient pas les grecs et le basileus dans leur coeur, ils les méprisaient beaucoup.(cf. les témoignages et les actes - aux abords de Contantinople - des premiers croisés en 1097-1098)
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Au fil des années, ces croisés se sont assimilés à la population locale
Ce n'est que partiellement exact. Des trois points de contact en Méditerranée entre chrétiens et musulmans, les Etats Latins d'Orient sont le seul où l'assimilation n'a pas eu lieu. Tous les témoignages des contemporains et les historiens vous le confirmeront (J.Richard, C.Cahen par exemple). Chrétiens et musulmans, bien qu'entretenant des rapports plus ou moins cordiaux, ne se "mélangeaient" pas. Les Arméniens, les grecs ou les syriaques sont des chrétiens...
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Malheureusement, cette union tant redoutée survient en 1174 sous l'égide d'un chef providentiel, le kurde Saladin (37 ans), en partie à cause de la mésentente entre les croisés
C'est surtout à cause de la mésentente des musulmans que Saladin peut cumuler l'héritage égyptien fatimide et celui des zengides de Damas.
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Un flux permanent de pèlerins en armes, venus d'Occident par terre et par mer, les aide à défendre leurs territoires contre les musulmans.
Certainement pas ! Les navires ne peuvent "passer" la mer qu'entre avril et octobre, ce qui limite cruellement ce "flux permanent".
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Renaud de Châtillon, prince d'Antioche
Renaud n'a jamais été prince d'Antioche, où les descendants de Bohémond de Tarente "règnent" toujours...
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Poussant l'ignominie à son comble, ses prisonniers Gui de Lusignan et Gérard de Ridefort ont le front d'exhorter les défenseurs des ports à se rendre.
Jean Richard et d'autres historiens ne sont pas aussi catégoriques : Guy de Lusignan n'a jamais demandé aux différentes cités assiégées par Saladin et ses frères de se rendre, mais de "négocier sa libération en cas de capitulation", ce qui est bien différent !
Remerciements au
Duc de Raguse sur les Forums Passion histoire pour cette intervention.
Bien à vous,
Damned