Voici une courte nouvelle que je suis en train d'écrire depuis maintenant quelques mois. Je vous la présente afin d'avoir quelques critiques. La suite du texte viendra plus tard.
A savoir que le sujet de cette nouvelle à été inspiré, d'un film je vous laisse chercher.
A noter que la stylistique s'améliore au cours du récit.
« Depuis que la vie existe, toute action se présente comme une grande partie d'échec; un combat perpétuel dans le quel tout n'est que calculs prémédités. Que ce soit pour affronter une personne, un objet ou une entité. Nous déplaçons ainsi nos pions et fabriquons de nouvelles stratégies. Quand nous jouons entre hommes, nous ne pouvons prévoir que d'infimes stratégies. Quand nous jouons contre un objet informatique nous sommes esclaves de ses millions de stratégies. Quand nous jouons contre la mort nous sommes victimes de notre destin' »
8 Juin, 2003 rapport de police du commissaire Jean Faliot chargé d'enquête.
Le texte commençait ainsi :
- Recette d'aiguillettes au safran
? 300 G d'aiguillettes de canard
? Jus de citron
? 1 Verre d'eau
? 5 C à soupe de cognac
? 40 G de beurre
? 2 C à soupe de farine
962 cal/portion
Préparons les aiguillettes...
Dans un récipient pouvant se fermer, mettre la farine, les aiguillettes. Couvrir, secouer. C'est fariné ! Prêt pour la cuisson.
Mais qu'est ce que??
Le texte finissait ainsi ? C'était les derniers mots enregistrés par le micro de l'ordinateur, cette personne semblait s'intéresser fortement à la cuisine.
Quelqu'un frappa à la porte
- Entrez ?
C'était l'inspecteur Alain souriant comme toujours. Ses cheveux étaient roux, il portait un pullover rouge vif, un pantalon noir. Il tenait une enveloppe entre les mains.
- Salut Jean ! dit-il avec un grand geste de bras.
- Que se passe t-il Alain ?
- Connais-tu la dernière blague ?
Jean était tout sauf souriant, Alain comprit que quelque chose n'allait pas.
- Jean tu es malade ? D'habitude tu rigoles plus que ça !
- D'habitude?
- Raconte ce qui ne va pas, je t'écoute. Alain prit une chaise et vint s'installer aux côtés de Jean.
- C'est cette enquête je ne comprends pas, Il n'y a aucun indice? D'ailleurs tu dois bientôt te rendre sur les lieux du crime ?
- Jean, nous t'attendions pour partir. Ils se levèrent et enfilèrent leur manteau en hâte.
- Pardon ! As-tu des indices supplémentaires ?
- Non, rien de nouveau ! Enfin'
- Je t'écoute ?
- La porte et toutes les fenêtres étaient fermées de l'intérieur !
- Comment ça ?
- Nous cherchons toujours à comprendre ?.
- Nous chercherons, plus tard ! Dis m'en plus sur la mort de la victime, Alain !
- Il semblerait que la victime ait glissé sur de l'eau dans sa salle de bain. A ce moment-là, elle aurait percuté le lavabo et serait morte sur le coup. Le médecin légiste, n'a pas fini les expertises.
- Encore une mort bizarre?
- C'est la combientième cette semaine ?
- La troisième, Jean !
- As-tu découvert des liens entre les différentes victimes ?
- Oui, tous des élèves ou professeurs du lycée Jean Monnet.
- Tache d'en savoir plus, Alain. De mon côté, je vais aller voir cette fameuse maison.
Tandis que le commissaire, prenait les clefs de sa voiture de service. Il se dirigea vers le garage?
Un moment plus tard, Jean arriva sur les lieux du crime. Il alluma son magnétophone et tout en dictant, il commença son inspection.
- 1404 Avenue Flaubert, 8 juin 2003, 14h30. De l'extérieur, la maison semble petite. Je me prépare à entrer à l'intérieur. Le scellé de Justice est toujours en place, cela prouve donc que personne n'a pénétré sur les lieux. J'ouvre la porte. L'intérieur est vaste, à ma gauche, le salon est orné de belles boiseries ainsi que la bibliothèque. Cette personne semblait très cultivée. Devant moi la cuisine. Rien à signaler. Je rebrousse chemin pour me retourner dans le salon. J'avance en direction de l'ordinateur. Posé sur le bureau un livre sur la thanatologie!
Jean posa le magnétophone sur la table et commença à feuilleter le bouquin, il s'intitulait « La mort n'est que le commencement ». Quand une disquette d'ordinateur se mit à glisser de celui-ci. Jean s'en empara? Il était écrit « lisez moi ! »
C'était peut-être une piste à suivre, l'indice ou la preuve pour arrêter le criminel. Il l'introduisit dans l'ordinateur et se mit à lire l'écran :
[..Le texte viendra par la suite..]
Le commissaire posa le magnétophone sur la table. Il semblait ému. Un léger courrant d'air parcourut la maison. Il se sentait épuisé et frissonnant. Il posa ses yeux sur les pages du journal local, page 14?
- Accident mortel. Un bus quitte la chaussée suite à une collision. 24 Morts mais 8 jeunes et 2 enseignants ont été sauvés par un de leur camarade qui avait prédit le drame. Ils auraient quitté le bus quelques instants avant le départ. Jean reprit le magnétophone et se remit à enregistrer.
- Reprenons. A présent je dois me rendre à la salle de bain, lieu du crime. Je m'apprête à entrer dans la pièce, où je vais devoir faire attention à l'eau. Où est donc cette eau ?
Il se regarda, d'un air bête dans le miroir, ses cheveux commençaient à être blanchis par l'âge, et son front ridé. Il regardait au plus profond de ses yeux verts. Il y avait quelque chose, quelque chose qu'il ne pouvait percevoir. Il se mit accroupi sous le lavabo et inspecta toutes les canalisations. Aucune fuite. A ce moment là, il lâcha le magnétophone. De la sueur sortit de tous les pores de sa peau, les battements de son c'ur s'accélérèrent, ses mains se crispèrent. Le commissaire ferma les yeux! A ce moment là il sentit comme un voile l'effleurer et un souffle le glacer. Il Perdit connaissance et tomba à la renverse. Dans un état second, il se mit à divaguer.
Il se trouvait devant sa maison, comme chaque soir en rentrant du travail. La lune était pleine, son chat venait alors le rejoindre en ronronnant entre ses jambes. Il avançait vers la porte de sa maison, et au moment de glisser les clefs dans la serrure, il les faisait tomber par terre. Il les ramassait, et les introduisait à nouveau dans la serrure. Alors, une déflagration retentissait du c'ur même de sa maison et soufflait le commissaire.
- Oh, mon Dieu ! Jean se releva de son lit d'hôpital d'une façon brusque.
- Jean ? Jean ? Il se réveille !
- Je brûle, je brûle !
- Jean ! Calme-toi !
- Ma maison elle a explosé et moi je suis mort !
- Jean calme-toi !
- Où suis-je ?
- Tu es à l'hôpital !
Jean prit un air étonné, tout en se grattant la tête.
- A l'hôpital ?
- Oui, on t'a retrouvé dans la salle de bain de Madame Figuert, tu avais perdu connaissance.
- Comment ça ?
- Tu as eu un léger malaise cardiaque!
- Ah bon ? Et ma maison a-t-elle explosé ?
Alain fronça les sourcils'
- Tu délires mon vieux?! Sûrement le choc'
- Mon chat qui ronronnait, l'explosion, j'ai tout senti, j'y étais !
- Oui, Jean, tu vas rester te reposer, tu sembles choqué.
Alain, se retourna pour se diriger vers la porte, et à ce moment Jean le coupa dans son élan.
- Je veux un rendez-vous, avec ce gamin ! Tu sais celui qui a déposé une déclaration bizarre !
- Alexandre ?
- Oui ! Demain matin.
Alain, était embêté?
- Tu seras sorti d'ici là ?
- Mais oui ! dit-il d'un ton sérieux.
Alain laissa échapper un sourire du coin des lèvres et ferma doucement la porte.
La nuit venait de finir, Le soleil pointait son nez à l'horizon et les cris stridents des hirondelles déchiraient cette douce atmosphère. Jean était sorti de l'hôpital car son état n'était plus inquiétant. Il venait de s'arrêter devant le commissariat pour reprendre son souffle. Il eut des pressentiments. Lui qui aimait la discrétion, allait-il être le sujet du jour ? Se décidant enfin à pousser la porte, il entra dans cet énorme hall. Le sol était pavé de marbre noir, les murs étaient recouverts de riches boiseries et le plafond était serti de magnifiques sculptures. Il fallait dire que ce bâtiment avait un certain charme c'est pour cela que Jean ne regrettait pas d'être le Maître en ces lieux. Alors que le bruit de ses lourdes chaussures de cuir raisonnait, un collègue vint à sa rencontre, à ce moment là une discussion fut entamée.
- Salut Jean, j'ai appris pour toi, ça va mieux ?
- Oui, oui, merci ça va mieux. Juste un peu mal à la tête ! Il grimaça?
- Dis moi, tu racontes quoi de nouveau ?
L'agent prit un ton joyeux :
- Je me suis acheté un nouveau fusil de chasse, c'est un nouveau modèle ! D'ailleurs je compte aller l'essayer cette nuit !
Jean, fronça les sourcils.
- Chasser la nuit, quelle idée?
- Voyons, jean, ce soir c'est la nuit des chasseurs ! Où il'
Alain, arriva et interrompit le dialogue.
- Excusez-moi, d'avoir coupé court à votre discussion'
- Mais non il n'y a pas de honte. Pour ma part, je vais retourner à mes dossiers. A bientôt !
Il fit un signe de la main en guise d'au revoir. Alain et Jean commencèrent à discuter.
- Jean il serait temps de se dépêcher. Il est 8h12 et tu as rendez-vous avec Alexandre dans 45 minutes.
- Partons tout de suite !
Jean et Alain se dirigèrent vers le parking ! Au bout de 45 minutes de trajet environ, ils arrivèrent à la demeure d'Alexandre. Le commissaire demanda à son adjoint de rentrer au poste, il viendrait le rejoindre plus tard. Alain démarra et disparut dans la circulation. Jean toqua à la porte et le père de famille vint lui répondre.
- Bonjour monsieur. Je suis le commissaire Faliot, j'ai demandé un entretien avec votre fils.
- Oui, monsieur Jean Faliot c'est ça ? dit-il avec politesse.
- Exact !
- Entrez et installez-vous. Je vais vous l'appeler
Il se mit à crier :
- Alex ! Alex ! C'est pour toi !
Une réponse se fit entendre du fond de la maison.
- Oui, P?a j'arrive !
Celui-ci regarda le salon sans même s'y installer. L'adolescent apparut. Il semblait avoir, 16-18 ans, de grande taille et de corpulence moyenne. Il était blond aux yeux bleus. Il s'avança vers le commissaire en souriant. Jean nota qu'il avait les dents du bonheur. La discussion débuta.
- Bonjour monsieur le commissaire, je vous invite à vous asseoir. Dit-il en montrant une grande table basse. Tous deux prirent place autour.
- Bon Alexandre, je viens t'apprendre une mauvaise nouvelle ?
Alexandre lui coupa la parole.
- Oui je sais, la mort de Madame Figuert
Jean fronça les sourcils
- Comment le sais tu ? Les médias se seraient-ils déjà emparés de l'affaire ?
- Non, c'est l'ordre logique !
- Comment ça, tu dis connaître des informations sur ce tueur ?
Le jeune eut un petit rire :
- Qui a parlé de tueur ?
- Et bien ce sont trois horribles meurtres que je dois essayer de résoudre pour ta sécurité et celle de tes camarades! Dit Jean tout en se grattant la tête.
- Vous dites meurtres ?
- Oui exact !
- Il n'y a pas de tueur ! Dit Alexandre avec insistance
- Comment ça ?
La discussion devint plus vive entre les deux personnes.
- La mort !
- Tu dis ?
- Le trépas !
- Que dis-tu ?
- Nous avons faussé la grande équation'
- Quelle équation ?
- Il était écrit que nous devions monter dans ce bus, il était écrit que nous aurions dû périr? »
Il eut un long silence et Jean reprit d'un ton gêné
- Tu te fais des illusions sur ces morts, tu dois être sous le choc !
Alexandre regarda par terre :
- Non monsieur. Nous avons déréglé cette grande partie d'échecs qu'est la vie ! Tout ce que l'on fait dépend maintenant de notre propre volonté et non de ce qui fut écrit ! Nous ne sommes que de simples électrons' libres d'agir sur nôtre destin ? et ceux des autres !
Le commissaire prit un air intrigué.
- Agir sur le destin des autres personnes ?
Le jeune homme releva la tête et fixa le commissaire :
- Si j'étais mort vous ne seriez pas là ! Votre destin est ainsi faussé !
Jean se mit à rigoler :
- Ah, ah, ah, tu es un sacré farceur, Alexandre.
Alexandre laissa échapper un bref sourire et se mit à rire à son tour :
- Vous aussi, vous rentrerez dans la partie?.
- Quelle partie ?
L'adolescent posa ses yeux sur le vase de la table basse. Un long silence fut observé, ses yeux se remplirent d'effroi et vinrent à nouveau fixer le commissaire.
- Vous comprendrez en temps voulu, monsieur !
Jean eut un frisson et haussa les épaules.
- Bon Alex on se reverra d'ici peu ! dit-il en se levant et tandis qu'il commençait à se diriger vers la porte, l'adolescent l'interrompit et lança sur ton humoristique :
- Monsieur ! Nous nous reverrons plus tôt que vous ne le pensez?
Il se leva et d'un geste poli montra la porte :
- Laissez moi donc vous ramener.
- Si tu le désires.
Tous deux se dirigèrent vers l'entrée. Jean sortit de la maison et se retourna pour faire un bref signe d'au revoir. La porte se referma lentement et claqua brusquement. Dès ce moment, une légère brise fit frémir Jean, qui se dirigeait vers l'arrêt de bus le plus proche c'était la ligne 9. Il fit un grand signe de la main pour arrêter le bus. Celui-ci freina et laissa Jean monter.
- Bonjour ! Dit Jean
- Bonjour monsieur, vous êtes mon seul passager aujourd'hui, vous avez de la chance.
Tout deux laissèrent échapper un sourire. Le commissaire s'installa à l'arrière du bus. Ce jeune homme lui avait donné la chair de poule. Il était seul mais pourtant, il sentait quelque chose tout près de lui. Le sinistre courant d'air revint le faire frémir. A ce moment-là, il colla sa tête contre la vitre et se laissa bercer par le trajet. Jusqu'au moment où une voix vint le réveiller, c'était le chauffeur qui criait du fond de sa cabine.
- Monsieur, terminus !
- Déjà le terminus ? répondit jean à moitié endormi.
- Eh ! Oui mon bon monsieur, toute ligne de bus, comme toute chose a une fin. »
Jean senti un frisson le parcourir à nouveau. Il descendit du bus et fit un geste en signe d'au revoir.
Le chauffeur ne répondit même, il referma la porte et disparut dans la circulation.
Jean prit son portable pour regarder l'heure et il se rendit compte que durant son sommeil son téléphone avait sonné. Il composa le 888 pour écouter le message. Veuillez composer le deux, zéro, zéro, deux ; afin de consulter votre dernier message.
Le message venait d'Alain. Il mentionnait une tentative de suicide de l'une des adolescentes et demandait au commissaire de se rendre au plus vite à l'hôpital.
Pourquoi des personnes si jeunes voudraient-elles quitter la vie? Par quel mal sont-elles poursuivies pour arriver à de tels actes ? C'était la première fois que Jean se mettait à douter de lui.
Jean se trouvait en plein centre ville, à deux pas de l'hôpital. Il se dépêcha, le plus vite au possible. Peut-être cette jeune fille aurait des informations. Jean avait appris tout au long de sa carrière que la vie était fragile, elle s'éteignait vite. Dépêchons nous ? Se dit-il.
Une fois arrivé devant ce blanchâtre bâtiment qu'était l'hôpital, Jean se rendit à l'accueil afin d'obtenir le numéro de la chambre.
- Etage 9, chambre 1404. Répondit l'hôtesse avec un grand sourire.
- Merci beaucoup. Répondit le commissaire. Il fonça comme une bombe jusqu'à la chambre de Marie. Arrivé devant la porte il se prépara à taper quand celle-ci s'ouvrit. Jean eu un léger frisson.
- O mon dieu Alain tu m'as fait peur ! dit-il avec une voix fluette.
- Peur? Comment ça ?
- Tu ouvres la porte, avant même que j'ai tapé.
- Voyons Jean je lis dans l'avenir ! dit Alain d'un ton moqueur.
Cette phrase avait beaucoup affecté le commissaire qui fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Mais voyons je blague. On m'avait averti de ton arrivée.
- Ah bon ?
- L'hôtesse vient de téléphoner.
- Bon, Marie comment va-t-elle ?
- Bien ! Je vais sortir et vous laisser parler ensemble.
Alain ferma la porte avec délicatesse.
- Bonjour Marie, je suis le commissaire chargé d'enquête.
Elle détourna son regard et le fixa sur le commissaire.
- Bonjour? Répondit-elle du plus profond de sa gorge.
Jean s'assit sur une chaise.
- Je sais que tu es sûrement choqué mais'
Elle lui coupa la parole
- Venez en aux faits. S'il vous plait !
Il devint pensif tout en joignant ses mains.
- Bien ! Je voulais savoir pourquoi tu as essayé de faire une tentative de suicide ?
Elle se redressa et prit un ton grave.
- Vous me prenez pour une folle ?
- Comment ça ?
- Vous me prenez pour une folle ? Insista-t-elle.
- Ce n'était donc pas une tentative de suicide ?
- Non, Monsieur !
Il se mit à frotter sa barbichette.
- Raconte moi donc ce qui s'est passé ?
- Je me penchais par la fenêtre quand tout à coup j'ai senti un violent courant d'air me pousser dans le vide !
- Un courant d'air ?
Il se mit à fouiller dans sa poche et s'empara de son calepin puis de son stylo. Il se mit à prendre notes des propos de Marie.
- Oui monsieur, mais'. Elle avala sa salive car elle avait encore du mal à parler.
- Mais ? Continue donc Marie !
- Il était là !
Jean prit un air, on ne peut plus attentif.
- Qui Marie ? Il me faut savoir.
- A? Elle avait de plus en plus du mal à parler et avalait sa salive sans arrêt.
- Allez Marie ! Il attendait pour noter sur son carnet.
- Alex !
- Mon Dieu ! Dit Jean tout en laissant tomber son carnet.
Jean se sentait coupable. Comment avait-il pu passer à côté d'un tel suspect ! Il sortit de la chambre comme une fusée sans même dire au revoir à Marie. Et il retrouva Alain dans le couloir :
- Alain ! Alain ! On le tient, on tient le premier suspect !
Alain se retourna, il était étonné.
- Comment ça ?
- Appelle vite le commissariat et dis-leur de mettre Alexandre en garde à vue!
L'après midi était déjà bien avancé. Alain et Jean se dirigeaient maintenant vers le commissariat, où Alexandre les attendait pour un interrogatoire.
L'interrogatoire commença à 17 heures 15 précises. Les deux enquêteurs étaient assistés d'un médecin psychiatre.
Jean prit l'initiative :
- Alexandre ? Quand tu disais connaître les procédés du tueur...
- Monsieur qui vous a parlé de tueur ?
- S'il y a crime, il y a criminel ! Hurla Alain
Jean fit un geste de la main pour calmer son partenaire et continua.
- Vous dites connaître l'ordre logique ! Qu'est-ce exactement ?
Alexandre fouilla dans la poche arrière de son pantalon et en sortit une feuille toute froissée. Il semblait fier de sa découverte. Tandis que le psychiatre scrutait les moindres faits et gestes de l'adolescent. Alexandre posa la feuille sur la table.
- Voilà ! L'ordre logique ! Dit-il tout en posant le doigt sur la feuille
- Que signifient ces chiffres, ces carrés ainsi que ces croix ?
- Ceci est le plan du bus ! Ainsi que nos places marquées par des chiffres.
- Intéressant ! Marmonna le médecin, il prit quelques notes sur un papier et reposa le crayon. Il continua à suivre la discussion de l'adolescent et du commissaire.
- Et les numéros à quoi correspondent-ils ?
- L'ordre des décès ! Dit-il avec froideur.
- Mais comment peux tu savoir, si une personne dois mourir ou non ?
- Je l'ai vu !
- Raconte donc ?
- Je ne ménagerai pas mes mots, et je serai assez cru ! Monsieur, la mort est loin d'être douce !
- Je t'écoute Alexandre.
Il prit le ton le plus ténébreux tandis que le psychiatre se concentrait.
- Si vous le désirez?Ce n'était qu'une simple sortie de fin d'année. Toute la classe était présente. Il était 8h10 et le bus avait quelques minutes de retard, nous l'attendions déjà avec beaucoup d'impatience. Mais qui pouvait savoir? Nous prîmes la direction de Lodève, La météo indiquait un temps splendide pour la baignade au Salagou. Mais qui pouvait savoir?. Le soleil commençait à nous réchauffer de ses doux rayons à travers les vitres. A l'arrière nous étions en train de jouer à la belote, quand le bus commença à aborder les virages serrés des Cévennes. « Atout Piques » dit mon partenaire. Tout à coup le bus pila, mes camarades et moi fûmes pris par un haut le c'ur. Finalement rien de très grave, simplement un virage difficile. Mais qui pouvait savoir?. Le chauffeur essayait de passer un virage en épingle ; lorsque nous vîmes arriver une voiture à tout allure qui ne semblait pas nous avoir vus. Le bus fut percuté par le flanc et expulsé au delà des bordures de sécurité. Il arrêta sa course sur un épais câble métallique qui disloqua la partie gauche du bus, métal et chaire comprise. Les survivants se croyaient sauvés, mais voilà que la voiture se mit à dévaler la pente et rentra à nouveau en collision avec le bus qui sous le choc fut entièrement coupé par le câble.
Le jeune homme fit un bref sourire.
- Alexandre, je ne comprends pas. Où as-tu vu ça ?
- Au plus profond de mes rêves, monsieur.
A ce moment là le psychiatre fit un signe de la main, il avait fini son expertise. D'après ses dires, Alexandre était schizophrène. Deux policiers entrèrent dans la pièce et demandèrent qu'Alexandre les suive. Il fut placé en garde à vue. Il se faisait tard, l'interrogatoire avait duré 1 h 30 et Jean était sur le point de rentrer chez lui. Avant cela il comptait aller voir Alexandre. Celui-ci était tapi dans un coin ténébreux de sa cellule. Seuls ses pieds sortaient de cette noirceur. Il semblait n'y avoir aucune vie, mais pourtant une voix se fit entendre.
- Monsieur ? Vous désirez...
- Je passais juste te souhaiter une bonne nuit.
- Si ce n'était que cela...
- Écoute, si tu as besoin de quelque chose, les gardes sont là.
Jean s'apprêtait à quitter la pièce. A ce moment-là, Alexandre l'interrompit.
- Monsieur, croyez-vous en l'Au-delà ?
Le commissaire était fatigué de sa journée, il ne répondit pas à sa question et leva la main en signe de raz le bol. Il quitta la salle en fermant la porte derrière lui.
Il prit sa voiture, la nuit était claire, la circulation fluide. Il alluma sa radio et la régla sur sa station préférée « carbone 14 » 99.9 Hz. Il commençait à peine à se remettre de cette folle journée, jamais il n'avait ressenti autant de stress. Ce garçon avait quelque chose? Mais quoi ?
Il ouvrit la fenêtre de sa voiture et un courrant d'air le fit de nouveau frémir. Enfin arrivé devant sa maison, il sortit de sa voiture et commença à avancer sur l'allée argentée par la lumière de la lune.
Son chat vint le rejoindre, il commença à se frotter contre ses jambes et à ronroner. Jean le prit dans ses bras.
- Mais oui, mon gros minou, je t'aime moi aussi. Il embrassa son chat sur la tête.
Il le reposa à terre et entra la clef dans la porte, mais celle-ci lui échappa et tomba à terre. Il la ramassa sans perdre un moment, l'introduisit de nouveau et entrouvrit la porte. Son chat se faufila dans l'entre bâillement. A ce moment-là, Jean se mit à trembler, son visage devint livide, de la sueur se mit à ruisseler dans son dos. Il se souvenait de son rêve ! Les clefs qui lui avaient échappé, le chat qui était venu ronronner? Il se retourna très lentement et regarda le ciel et il le vit, ce sinistre cercle lumineux ! il était plein : la nuit des chasseurs !
Horrifié, il lâcha la poignée et s'éloigna à reculons de la maison.
Et là ce qui devait arriver, arriva ! L'explosion eut lieu, la maison disparut dans un brasier ardent ! Jean ne comprenait plus où il était, qui il était et il pensait sans arrêt aux propos d'Alexandre? Si ce gamin avait raison !
Jean tomba à genoux et pleura toutes les larmes de son corps. Il venait de se faire voler ses souvenirs, sa maison, son chat. Heureusement il était encore en vie ! Les voisins, alertés par le bruit de l'explosion, accoururent et essayèrent de consoler le pauvre malheureux. Jean monta dans sa voiture. Celle-ci ne voulait plus démarrer, il posa sa tête sur le volant et ferma les yeux? Mon Dieu?. Où aller à présent ? Chez Alain'peut-être?
Lendemain matin, lundi 10 Juin. La nuit avait été longue. Jean avait passé la nuit chez Alain, qui lui avait prêté un lit.
Le commissaire était abattu mais il ne restait pas moins combatif ! Il comptait avoir des explications de la part d'Alexandre.
Il était tôt, le soleil commençait à peine à percer. Alain et Jean se rendirent au commissariat. Tout le monde était au courant de la nouvelle. Les agents étaient alignés' le saluant. Le bleu de leur uniforme n'arrivait pas à se distinguer et laissait imaginer une couleur noire. Jean avait l'impression d'assister? à ses propres funérailles ! Ce salut en signe de reconnaissance et ces habits de deuil. A ce moment-là il sentit un souffle glacial et eut un frisson. Quelques poignées de mains furent vite échangées, mais le commissaire n'avait qu'une idée en tête : voir Alexandre. Il interpella le policier responsable des cellules.
- Excuse moi, Thierry !
- Oui, chef vous désirez ?
- Tu sais, le jeune d'hier ?
- Ah ! Oui, Alexandre ! Tu veux savoir quoi sur lui ?
- Est-il encore en là ?
- Oui, il doit sortir d'ici midi !
Jean lui tapa sur l'épaule en signe de remerciement :
- Merci, mon gars !
Il commençait à se diriger vers les cellules, quand tout à coup, Thierry le rappela. Il se pencha à son oreille et murmura :
- Tu sais ce jeune, il m'a vraiment fait peur. Il n'a pas bougé d'un centimètre tout en restant dans l'ombre sans même ouvrir la bouche. Je n'ai jamais vu un détenu comme ça ! Il a quelque chose !
Jean fronça les sourcils et il se dirigea vers les cellules. La pénombre régnait. Jean s'approcha des barreaux.
Alexandre commença la discussion :
- Monsieur, avez-vous passé une bonne nuit ?
Jean était hors de lui.
- Ma maison a brûlé, j'ai tout perdu !
- Vous m'en voyez navré?
Le commissaire prit un ton grave
- Alexandre, je sais que tu en sais plus que ce que tu ne nous dis !
- Vous y pensez monsieur ?
- Oui ! J'attends des explications, à propos de l'ordre logique !
Alexandre laissa filtrer de l'ombre, le bout de son nez et ses lèvres.
- Monsieur, avez-vous déjà senti son souffle ? Ne vous êtes vous jamais senti observé ou traqué ?
Il se mit à souffler légèrement sur le commissaire.
- Ecoute Alexandre, je vois que tu n'es pas apte à répondre. Je vais remonter à mon bureau et repasserai à midi pour te libérer.
Jean tourna les talons et se dirigea vers son bureau. La fenêtre était restée ouverte toute la nuit. Une atmosphère glaciale y régnait. Il s'empressa de la fermer et plongea dans le dossier de ces mystérieux meurtres, il récapitula :
- Nous en sommes à trois décès. Deux adolescents et un professeur, qui sera donc le prochain ?
Quelqu'un frappa.
- Entrez, c'est ouvert !
Alain poussa la porte et entra dans le bureau.
- Bonjour Jean, comment vas-tu ?
- Je vais très bien ! Merci beaucoup !
- Bon, on se revoit tout à l'heure pour le repas !
- Ok, pas de problème Alain. Dit-il en souriant.
L'inspecteur claqua la porte. Jean reposa le lourd dossier sur sa table et poussa un soupir. Cette enquête n'avait ni queue ni tête. Comment voulez vous faire une enquête sans preuve! Il persévérait à chercher un point commun entre ces différents meurtres. Mais voilà bientôt deux heures qu'il cherchait, sans aucun résultat. Il commençait à s'énerver et à tourner en rond ! Il était persuadé qu'Alexandre lui cachait des informations capitales sur ces meurtres.
Il se hâta de retourner aux cellules pour parler avec l'adolescent. Il déboula dans la pièce, très nerveux et furieux !
- Alexandre !
Le jeune était assis dans un coin, la tête penchée regardant le sol.
- Vous désirez, monsieur ?
- Tu connais des informations capitales sur cette enquête.
- Je les apprends à mes dépens' Monsieur.
- Je souhaite tout' Tout savoir ! Car hier j'ai moi-même été attaqué par ce criminel !
Alexandre releva la tête et son visage s'éclaira. Il se mit à sourire
- Vous avez fini par nous rejoindre !
- Comment ça ?
- Vous aussi, êtes entré dans la partie.
- Quelle partie ?
- Avancez vos pions sur l'Echiquier.
- L'échiquier ?
- Oui, Monsieur ! Ce jeu qui est régi par cette entité qui n'est autre que l'alpha et l'oméga !
- Tu es fou ! T'écoutes-tu parler ?
- Monsieur? Sachez qu'il n'y à point de hasard dans notre univers. Dans la vie comme dans les maths. Le chiffre hasard est lui même régi par une constante ! »
- Mais'
Alexandre lui coupa la parole.
- Avez-vous confiance en moi ?
- Oui, bien sûr mais'
Il lui coupa la parole de nouveau
- Mais' j'en tiendrai compte?
L'adolescent laissa échapper un mystérieux sourire. Jean le fit sortir de la cellule et l'attrapa par l'épaule.
- Cet après-midi, j'organise une réunion sur l'avancée des recherches.
- Et vous désirez ma présence ?
- Exactement ! Sois là à 15h30? vous serez tous réunis au commissariat. Va donc te changer et prendre un repas.
- Bon appétit, monsieur !
- Bon appétit à toi aussi !
Alexandre disparut dans l'ombre de la cage d'escalier. Jean escomptait beaucoup de cette réunion.
L'heure du verdict était là ! Jean, Alexandre, Clément, Vanessa, Alice, Mr Azera professeur de philosophie et Emilie étaient dans cette salle ! Les murs, le plafond et le sol étaient blanchâtres. Seul un halogène éclairait la pièce. Tout ce beau monde était assis sur de grands fauteuils autour d'une table basse. Une ambiance pesante flottait dans la salle. Tout le monde se taisait et songeait. Quant à Alexandre, il était tapi dans le coin opposé à la lumière? toujours à la recherche de l'ombre ! Jean se leva et frappa des mains pour attirer l'attention du groupe.
- Bon ! Nous voilà réunis pour parler de l'enquête.
Emilie leva la main pour prendre la parole. Jean dit :
-Emilie, voyons' nous ne sommes pas en cours, prends donc la parole sans la demander !
Elle laissa échapper un doux sourire :
- Excusez-moi monsieur, Marie va-t-elle mieux ?
Jean répondit :
- Oui elle se remet. Il faut dire qu'elle a eu beaucoup de chance. Je ne sais comment.
Tout le monde laissa échapper un sourire sauf Alexandre qui soupira du fond de son recoin :
- Son heure n'était pas venue.
Mr Azera se leva, outré par le propos d'Alexandre.
- Pardon, pourrais-tu répéter ta phrase Alexandre ?!
- Vous l'avez bien entendue !
- Mais tu es malade ?!
Alexandre rétorqua :
- Oui, Nous sommes malades ; malades de ce mal qui nous ronge de l'intérieur, malades de toutes ces ignominies, malades d'avoir autant de morts sur la conscience et malades d'être hommes mais de ne pas être humains !
Jean haussa le ton et frappa du poing sur la table :
- Bon vous deux, assez de discussions stériles ! Nous sommes là pour parler de l'enquête.
Alexandre sombra de nouveau dans l'obscurité.
Le commissaire se leva et reprit la parole :
- Dès ce soir, tout le monde sera sous surveillance ! Trois agents de police vous escorteront dans tous vos faits et gestes.
Vanessa se leva pour réagir, rebelle comme toujours !
- Vous rigolez !
- Non Vanessa, il vaut mieux prévenir que guérir !
- Si vous le dites'
Elle se rassit et sortit son portable pour consulter ses messages.
- Vanessa, ce que je dis n'est pas à prendre à la légère ! Ce tueur est un vrai professionnel il ne laisse aucune preuve et il tue de sang froid ! Regarde tes deux collègues de classe, Hugo poignardé et Adrian écrasé. Et une de tes professeurs matraquée !
A ce moment Alexandre sortit à nouveau du néant en rabattant ses cheveux en arrière :
- Sachez ; monsieur que la meilleure des protections restera notre instinct !
Le professeur de philosophie se leva et rétorqua tout en tapant du point sur la table :
- Saches Alexandre qu'on ne peut se fier à son instinct !
Alexandre se mit à ricaner et lança d'un ton arrogant.
- Monsieur si vous êtes ici, c'est grâce à cet instinct que vous critiquez tant !
- Je ne critique en rien l'instinct, je me base sur les fondements de grands philosophes. J'essaye de comprendre ce?
Le jeune lui coupa la parole :
- Quand règne le désespoir, il ne sert à rien de chercher le pourquoi du comment ! Mais d'occuper le temps qui vous est imparti.
Suite à ces dires Clément explosa en sanglots, tandis qu'Emilie essayait de le consoler.
- On va tous mourir? On sera tous assassinés'
Mr Azera se pencha sur son élève et lui apporta un verre d'eau.
- En tout cas nous sommes toujours en vie.
Le jeune homme avala trois gorgées et reposa le verre sur la table. Alexandre se leva, ses yeux étaient illuminés. Il se dirigea vers la porte et éteignit la lumière tout en prononçant cette phrase :
- Le mot vie comporte trois lettres, ce qui insinue 3 trois étapes : naître, vivre? et mourir. La réunion est finie. Il claqua la porte.
La réunion n'avait durée qu'une trentaine de minutes. Le commissaire était très mécontent, car ces personnes ne semblaient se soucier du danger qui les guettait. Ce tueur ou bien ce psychopathe n'était pas à prendre à la légère. Jean pensait à un professionnel, mais qui pouvait bien vouloir, martyriser des rescapés, et dans quel but ?
Entre temps Jean se rend à l'hôpital prévenir Marie des nouveautés.
Jean arriva à l'hôpital, la nuit venait à peine de tomber
Il se dirige vers la chambre de Marie.
Il ouvrit la porte de la chambre dans la quelle régnait la pénombre. Marie était là, toute tremblante. La fenêtre grande ouverte et un rideau décrivait des ondes sous l'effet de la brise.
La fraîcheur de la salle commença à glacer le commissaire qui prit l'initiative de fermer la fenêtre. Mais voilà que celle-ci lui résista. Il se retourna et saisit un bâtonnet, qu'il calla dans l'entre bâillement. Il posa sa sacoche sur un des nombreux meubles. Il se frotta énergétiquement les épaules afin de retrouver un peu de chaleur. Il se dirigea enfin au chevet de Marie et lui posa la main sur son front, brûlant. Il prit une chaise et s'assit à ses côtés tout en essayant de la couvrir ?une couverture.
- Marie, tu vas aggraver ton état de santé déjà précaire.
Elle continuait à trembler et fixait toujours le plafond.
- Pourquoi as tu ouvert la fenêtre ?
Aucune réponse de sa part. Elle essaya seulement de se débattre de la camisole que les médecins avait installé à son lit. A ce moment là Jean eu une sueur froide, il venait de comprendre qu'il lui était impossible d'ouvrir la fenêtre.
- Ce n'est pas toi qui a ouvert la fenêtre ! s'écria Jean.
Les yeux immenses étincelants de Marie étaient fixés sur Jean. Elle respirait' profondément. Un horrible silence envahit la pièce. On ne pouvait entendre que les plaintes de Marie et les battements de c'ur du commissaire.
Jean se sentait observé? Traqué? Il y avait quelqu'un' ou? quelque chose dans cette pièce, il se mit à trembler.
Une bourrasque de vent vint s'écraser sur la fenêtre, qui fut violemment ré ouverte. Le rideau se mit une nouvelle fois à onduler.
Une lueur apparut dans le coin ombragé de la pièce. Jean horrifié sursauta et saisit la première chose qui lui vint à la main : la lampe de chevet. La lueur se transforma en sinistre silhouette. La tête était penchée vers le sol et sa main cachait son visage. Jean se leva et s'approcha lentement de cette silhouette tapie dans l'ombre. Une voix ténébreuse surgit de l'obscurité.
- Quelle est cette âme qui traîne et n'ayant qu'un seul but, celui qu'elle ne peut atteindre ? Soumise aux supplices de ses bourreaux ; elle endure ce ressac. Qui inflige à sa raison de grands maux. Pourtant, l'once infime qui lui reste d'espoir d'être un jour compris est son moteur. Elle sait que de cette libération est l'unique moyen de stopper ce qui vient d'être enclenché !
Alexandre était là ; immobile, droit et pensif.
- Que fais tu ici ? Dit Jean hors de lui.
Les yeux bleus d'Alexandre vinrent se fixer sur ceux de Jean avec une gênante insistance. Il dit à voix basse avec un mélangeant de pitié et d'horreur :
- Vous avez l'air effrayé monsieur.
Jean répéta d'un ton grave et haché :
- Que fais tu ici Alexandre ?
Alexandre laissa échapper un sourire :
- Je viens accomplir la tâche qui m'incombe.
Jean serra la lampe de chevet fortement dans ses mains, il avait un mauvais pressentiment.
- Une tâche ?
- Oui monsieur, et en aucun cas vous ne m'empêcherez de l'accomplir. Depuis le début vous vous y attelez ; elle sera la prochaine.
- Alexandre que dis-tu ?
- La vie est déjà trop dure comme ça ! Pour vous une personne de plus ou de moins, ça vous est égal ! - - Alexandre?
- Monsieur vous êtes le mal incarné !
Pris par la folie, le jeune homme saisit une chaise et l'envoya contre l'épaule du commissaire.
- Bon' Dieu Alexandre? ça? ! Dit-il tout en se frottent l'épaule.
L'adolescent lui coupa la parole.
- J'ai honte Monsieur? Honte de ne pas savoir comment vaincre la mort ! Cette victoire que je désire tant ! Pour tous vous sauver !
Le commissaire regarda discrètement sur la table, et distingua une seringue remplit de sédatifs.
- Alexandre calme toi. Tu n'es responsable de rien, tu es juste une personne normale comme les autres.
- Je ne suis pas comme les autres je suis la personne qui vaincra la mort !
A ce moment là Jean saisit la seringue de sédatif posée sur le chevet de Marie. Dans son élan, il vint la planter dans le bras d'Alexandre.
- Je suis désolé Alexandre.
- Monsieur j'en suis tout autant désolé !
Jean versa une larme. Pourquoi être arrivé à de telles des extrémités.
Alexandre marmonna dans sa bouche :
- Je viens d'apprendre? Qu'il ne sert à rien de lutter ; mais qu'il est mieux de se rendre à la fatalité?
Il s'écroula au sol.
A suivre....