L'auberge de « L'Ours des Sentiers » n'était pas très fréquentée, compte tenu de sa position géographique. En effet, pour une auberge, être en plein milieu d'une forêt des plus insalubre de Bretonnie n'était pas une grande aide aux affaires. Cependant ce soir-là, l'auberge était bien mieux remplie que d'habitude. Il y avait, accoudés au comptoir, deux mercenaires de Tilée, à l'aspect peu enclin à engager une conversation. Trois marchands nains avaient commandés plusieurs tonneaux de bières, avant de rouler rapidement sous la table. Une bande de paysans se reposaient de leur dur labeur de la journée, à coté d'un voyageur encapuchonné dans un grand manteau ne laissant rien transparaître de son apparence. Tout ce beau monde avait suffit à mettre de bonne humeur le patron de l'auberge, un natif de Talabheim, habitué à la forêt, nommé Kurt Heïsner.
Sa bonne humeur fut cependant quelques peu assombrie lorsque des rats géants montés sur les pattes arrières sortirent de la cave de son auberge en trombe. Les rats bondirent dans toute l'auberge avec une agilité impressionnante. « Allez ! Dépêchez-vous ! Prenez l'or vite-vite et tuez ! ». Les nains n'eurent pas le temps de se saisir de leurs armes et furent rapidement égorgés. Les paysans tentèrent de s'enfuir, mais les hommes rats les abattirent tous avec des shurikens. L'un des coureurs d'égout remarqua le voyageur dans son long manteau noir, et lui bondit littéralement dessus. Dans la même seconde, l'homme se débarrassa de son manteau, se saisit de son énorme épée dans le dos et trancha en deux son assaillant en plein vol. Les skavens firent une pause dans leur massacre pour apercevoir ce qui s'était passé. Le voyageur sombre avait disparu, à sa place se trouvait un chevalier de Bretonnie, son armure de plate, bien qu'usagé et maintes fois éraflés semblait briller de la lueur du soleil pour les malheureux de l'auberge. L'homme tenait son impressionnante épée à deux mains, ce qui ne semblait en rien entraver sa rapidité. Les coureurs d'égouts sifflèrent de fureur et se jetèrent sur le chevalier. Ce dernier empala un homme rat sur sa lame, et projeta le cadavre sur le reste de la troupe, avant de se baisser pour éviter un coup de poignard. Le chevalier décocha à son agresseur un furieux coup de pied en se relevant, qui projeta le coureur d'égout dans un mur, puis pivota sur lui-même accompagnant le mouvement latéral de son épée, tranchant ainsi nettement trois skavens.
Les rongeurs semblaient hésiter, quand une voix doucereuse et mauvaise se fit entendre : « Je m'occupe de la chose-homme ». Le chevalier se tourna vers le nouveau venu : enveloppé dans une grande cape noir, son visage masqué par une cagoule, le maître-assassin laissa bien le temps à son adversaire de voir son poignard ainsi que sa griffe fixée au poignet droit. Dans un crachement de défi, le skavens se mit à effectuer une chorégraphie compliquée visant à démontrer son agilité. Pour seule réponse, la lourde épée alla s'écraser contre le sol, fracassant le plancher. L'assassin parut douter quelques instants, puis se lança à l'attaque. Il lança trois shurikens dans la direction du chevalier, qui les arrêta du plat de son épeé. L'assassin atterrit juste devant sa cible et entama le duel : les lames du rat géant voletaient de par son agilité, mais malgré tout ne parvenait pas à percer la défense du chevalier, qui malgré la taille de son armée se mouvait avec une rapidité impressionnante. Le skaven donna un puissant coup de ses lames de poignet du haut vers le bas, qui rata le bretonnien de peu. Ce dernier bloqua les lames au sol avec son pied gauche, puis décocha un puissant coup de pied tournant dans le menton de l'homme rat, qui alla s'écraser dans le bar. Les coureurs d'égouts furieux se jetèrent de nouveau sur le chevalier, qui para une première attaque, décapita un de ses assaillant, se baissa pour éviter un poignard, puis fit passer son épée en travers du corps d'un skaven en se relevant, puis vit du coin de l'?il l'assassin qui se relevait. Le chevalier effectua un bond de coté pour éviter les shurikens, qui allèrent se ficher dans les aides de l'assassin. Hurlant de rage, ce dernier bondit sur le chevalier qui, para le poignard, mais pas les lames de poignets, qui s'enfoncèrent profondément dans le corps du bretonnien. Ou plutôt, c'est ce qui ce serait passé si l'armure du chevalier n'était pas présente, le métal résista, et brisa l'arme du skaven. L'assassin fut saisi à la gorge, et fut projeté contre l'escalier en bois, qui explosa sous le choc.
« Pour les dégâts », dit le chevalier en tendant cinq pièces d'or au tenancier de l'auberge. Ce dernier sortit de sa cachette, et hocha doucement la tête, avant de vomir en voyant la tête de l'assassin sur son comptoir. Dans l'écurie, le chevalier de la Quête se saisit de sa monture et reprit sa route, en direction du village qui lui avait été indiqué par des paysans apeurés. Là-bas des gens disparaissaient, et Chrystian de Parravon avait bien l'intention d'éclaircir ce mystère.
